Igor Campos Leal

marié, père de famille, Abbaye Notre-Dame des Dombes, ccn

1 juin 2021

Témoignage

A la recherche d’une masculinité « juste »

Je suis né dans une famille brésilienne qui pratiquait la foi, mais cela n’a pas suffi pour former une famille sans problèmes par rapport à l’identité de père et de mère.

En fait, mon père était un homme sévère, très violent dans la parole, absent. Le manque de démonstration de tendresse et d’amour a bien marqué la vision de paternité que j’en avais. Pour essayer de combler ce vide affectif, ma mère a pris toute la place : une mère poule surprotégeant ses enfants. C’était le mélange parfait pour construire une vision tordue de la famille, sans repères sur ce qu’est l’homme, avec une image de la paternité que je voulais davantage rejeter que reproduire. Ce sentiment était néfaste : j’ai passé ma jeunesse à me dire que je ne voulais pas être comme mon père. Pour compliquer l’affaire, je n’ai pas eu un autre modèle d’homme à suivre. Ce manque de modèle a atteint la formation de l’homme qui se construisait en moi. Mon refuge était auprès des filles, soit par l’amitié, soit par la « drague » : je trouvais la femme de ma vie tous les quinze jours, jusqu’au jour où j’ai rencontré ma femme ! Mais les conséquences ont perduré encore longtemps dans mon couple. Dans le désir de combler mes besoins, je vivais une relation fusionnelle, avec peu de respect de l’altérité.

Quelques années après, en relisant mon histoire, j’ai voulu consolider davantage mon identité d’homme, car je ne voulais pas continuer dans une position de retrait, soit derrière ma mère, car elle voulait toujours continuer à me chouchouter, soit derrière ma femme qui portait les grandes questions de la maison un peu toute seule. J’ai commencé alors à vivre l’autre extrême : j’ai voulu gérer seul la famille et personne n’avait plus le droit de parler à la maison. Après avoir vécu une retraite spécifiquement sur ces questions de la masculinité et de la paternité, j’ai compris une chose importante : je ne pouvais pas être l’homme tel que Dieu le voulait, si ma femme n’était pas la femme telle que Dieu la voulait. En effet, il n’y a pas de paternité sans maternité, l’un dépend de l’autre. C’est une tension toujours à garder : ne pas tomber dans une fusion, sans pour autant vivre trop à distance.

Je rends grâce à Dieu de m’avoir montré les pas à faire pour un chemin de pardon et je continue à Lui demander la grâce de trouver cet équilibre entre nous.

Cet article fait partie du numéro 69 de la revue FOI

St Joseph, un modèle masculin?

juin-juillet-août 2021

Formation Chretienne  

Ces articles peuvent aussi vous intéresser…

"Make a wish"

Friends in the Lord

It takes a great deal of wisdom and closeness to God to trust a community that is smaller and younger than one's own, and to make room for it. To all of those people who have chosen to walk a part of the "journey" with the Chemin Neuf Community, we asked them to express a wish. Thank you for your re...

Charisma and institutions

Charisms, a bridge between God and man

Yola Rzeczewska

At a time when various charisms of the "New Pentecost" are seeking a more appropriate structure in the Church for their greater evangelical usefulness, questions may arise. Are "charism" and "institution" necessarily foreign to each other, and their relationship a reciprocal accusation? And if there...

Ecumenism

We are members of each other

Anne-Cathy Graber

Following the Chapter, the Community celebrated its 50th anniversary by inviting around a hundred "friends in the Lord" to a day of fellowship, celebration and reflection. Four round tables, with the participation of leading church figures such as Archbishop J. Welby and Cardinal J-M Aveline, addres...