Sr. Martine Devriendt

Petite Soeur du Sacré-Coeur CH de Foucauld

01/03/2022

Canonisation de Charles de Foucauld

« ALLER PLUS AVANT » 1

Charles de Foucauld, moine trappiste puis prêtre ermite, mort le 1er décembre 1916 à Tamanrasset, en Algérie, sera canonisé à Rome le 15 mai prochain. Frère Charles vécut au plus près du peuple touareg et développa pour lui une profonde amitié, puisée dans sa soif du Christ. « Je veux habituer tous les habitants à me regarder comme leur frère, le frère universel » disait-il, expliquant aussi qu'il n'était pas venu au désert pour convertir les Touaregs mais pour essayer de les comprendre. Sr M. Devriendt, qui habite à Tamanrasset depuis plus de vingt ans et a déjà collaboré à la revue FOI, retrace tout d'abord les grandes étapes du parcours de Charles de Foucauld avant de nous partager sa propre expérience d'évangélisation par l'hospitalité

« Aller plus avant » me parait une expression juste pour saisir l’appel propre de Charles de Foucauld concernant sa visée missionnaire et son désir d’évangélisation. Devenu croyant, Charles n’a qu’un seul désir : ne vivre que pour Jésus, le rejoindre pour être avec Lui. Le visage de Dieu qui se cache en Jésus l’a fasciné, Dieu qui devient chair, incarné, l’un de nous, un pauvre qui a choisi la dernière place et qu’il n’a de cesse de vouloir imiter. Sa passion : faire connaître et aimer Jésus de Nazareth, il voudrait partager à tous la source de son bonheur. Relisons brièvement son itinéraire : sept années comme moine trappiste, trois ans à Nazareth comme ermite, une année de préparation au sacerdoce, et quinze années en Algérie. Homme en marche vers son humanité, vers lui-même, en chemin d’évangélisation, lancé dans l’aventure de la fraternité… Sa vie sera faite de cette tension du tout pour Dieu/tout pour les hommes. Dans ses lettres, il parle de ce qu’il fait et de ce qu’il voudrait faire. Suivons- le pas à pas dans ses évolutions pour comprendre sa démarche de « missionnaire autrement ». Se différenciant de l’expérience des Pères Blancs, il apporte une touche personnelle unique.

« Missionnaire autrement »

Venant d’être ordonné prêtre en 1901, Charles arrive à Béni-Abbès. Pour suivre les préférences de Jésus, il se sent appelé « là où Jésus irait : à la brebis la plus égarée, au frère de Jésus le plus malade2, aux plus délaissés, à ceux qui ont le moins de pasteurs. » Il écrit à Henri de Castries3 « C’est l’évangélisation non par la parole mais par la présence du St Sacrement, la charité, partageant jusqu’à la dernière bouchée de pain avec tout pauvre, tout hôte, et recevant tout humain comme un frère bien-aimé … » On retrouve déjà dans cet extrait de lettre toute la spiritualité de Charles de Foucauld : apporter Jésus par la présence toute simple comme Jésus était parmi les hommes à Nazareth. Il commence à vivre son idéal : « les constructions s’appellent la « khaoua »(maison des frères), priez Dieu pour que je sois vraiment le frère de toutes les âmes de ce pays. »4

Dans sa chapelle de Béni- Abbès, il dessine un grand Sacré-Coeur. C’est pour lui, l’icône du « Sauveur de tous les hommes ». Après une année de présence, il rédige un essai pour évangéliser quelques catéchumènes ; il accable son évêque, Mgr Guérin, de plans d’évangélisation, il veut aussi mobiliser les autorités devant la situation des esclaves. Son approche de l’évangélisation va vite bouger au contact des populations. Parler de Jésus est irrecevable par les Musulmans. Charles va donc se concentrer sur des questions de moeurs et sur la religion naturelle : reconnaître et adorer le Dieu unique.

Il se sent inapte à entreprendre cette oeuvre d’évangélisation tout seul, il voudrait réveiller partout le zèle de bonnes volontés. Son désir est d’avoir une fraternité de Petits Frères, il faudrait aussi des soeurs, mais le climat politique et l’éloignement leur sont défavorables. Il pense alors à des infirmières laïques « toutes à Jésus de coeur », puis il évoque des chrétiens laïcs tels des Priscille et Aquila (collaborateurs de St Paul) qui accepteraient de s’installer dans les oasis du Sud. Charles désire susciter des « défricheurs », « des ouvriers de la première heure », des missionnaires incognito, de toutes conditions, qui privilégieraient le dialogue, le respect de l’autre, de son patrimoine culturel et religieux. En 1908, il écrit les statuts d’une confrérie, l’Union des frères et soeurs du Sacré-Coeur de Jésus. Il rassemble là sa méthode d’évangélisation pour établir un réseau d’ouvriers évangéliques. Il fera plusieurs voyages en France pour concrétiser cette oeuvre, la seule d’ailleurs qu’il aura fondée.

En 1904, Charles de Foucauld profite des expéditions de colonnes françaises vers le Hoggar pour les accompagner et entrer en contact avec les populations nomades touarègues. Il ne veut pas laisser passer cette occasion de rejoindre les plus éloignés, il voudrait que Jésus prenne possession de ces régions. Pendant onze mois, il sillonne tout le sud algérien jusqu’au Mali. En chemin il apprend la langue tamahaq et plein de zèle apostolique, il traduit déjà les Evangiles… Dans chaque village, il rêve de fonder une fraternité avec un tabernacle : « C’est Dieu avec nous, Dieu en nous… ». Toute sa vie de foi trouve sa source dans l’Eucharistie. Peu à peu, sans possibilité d’adoration, c’est sa vie qui sera présence eucharistique, la seule que connaitront « ses paroissiens musulmans».5

En 1905, il s’installe à Tamanrasset, dans « ce lieu délaissé » pour être fidèle à sa vocation particulière : « Etre un Evangile vivant ». Il semble avoir compris que sa vie était la seule Bible lisible par ceux qui l’entourent, bien davantage que sa traduction médiocre des Evangiles, que personne n’a jamais lue et qu’il n’a jamais corrigée. « Toute notre existence, tout notre être doit crier l’Evangile sur les toits, toute notre personne doit respirer Jésus… On fait du bien, non dans la mesure de ce qu’on dit, et de ce qu’on fait, mais dans la mesure de ce que l’on est… Mon apostolat doit être celui de la bonté, je voudrais être assez bon pour qu’on dise : « Si tel est le serviteur, comment est donc le maître ? » ». Le passage de son rêve à la réalité ne se fait pas sans découragement. « On ne m’aime pas, mais on s’habitue à me voir. Il faut du temps, et surtout, il faudrait que je commence enfin à me convertir… ». La conversion tant souhaitée se résumera dans le mot abandon, que Charles développera dans sa célèbre prière : « Mon Père, je m’abandonne à toi… ». Cet abandon total à Dieu et aux frères sera source de grande fécondité pour lui et ses disciples.

On fait du bien, non dans la mesure de ce qu’on dit, et de ce qu’on fait, mais dans la mesure de ce que l’on est…

Il va insister sur le devoir de se faire l’ami de la population avant de penser à l’évangélisation. Il écrit à Henry de Castries : « Vous savez ce que je cherche chez les Touaregs : les apprivoiser, lier amitié avec eux, faire tomber peu à peu ce mur de préventions, d’ombrage, de défiance, d’ignorance qui les sépare de nous… Ce n’est pas l’oeuvre d’un jour ; je commence à défricher, d’autres suivront qui continueront. »6

On est déjà loin du « apporter Jésus » des débuts. Le père de Foucauld n’est pas enfermé dans un schéma. Tout doit concourir au bien des populations auprès desquelles il se trouve, quitte à modifier son approche. Il est le premier à vivre la mission ainsi : il innove, il tâtonne, il apprend petit à petit. Les conditions de vie lui ont permis de faire évoluer sa conception de l’évangélisation. Toute discussion religieuse est impossible, l’amitié sera l’âme de la rencontre interreligieuse.

En 1908, la solitude lui pèse, il est privé d’Eucharistie, c’est une période de famine au Hoggar, il est épuisé et tombe malade ; il sera sauvé par le lait des chèvres des Touaregs, il dira : « On a été très bon pour moi… ». Ce n’était pas seulement lui qui était bon ! Mis en situation de pauvreté, il est en voie de fraternisation. Il ne fera pas seulement des traductions, mais va se mettre à l’écoute d’une culture, de tribus qui ont leurs coutumes, leurs moeurs, il va en réaliser la valeur et sa richesse. « Se mettre en relations étroites avec eux pour les connaître, être connu d’eux, être aimé et estimé d’eux…».7

Il pose les bases de la langue tamahaq en réalisant un dictionnaire de quatre tomes (plus de 2 000 pages) et recueille 6 000 vers de poésie. Cela l’occupe à raison de dix heures par jour pendant dix années. Son intention de départ était de fournir des bases linguistiques aux militaires et aux ouvriers apostoliques qui viendront après lui, mais la découverte passionnée de cette langue l’entraîne beaucoup plus loin. « Résider seul dans le pays est bon, on y a de l’action, même sans faire grand-chose, parce qu’on devient du pays, on y est si abordable et si tout petit » « Mon rôle est de préparer la voie… il faut nous faire accepter des Musulmans, devenir pour eux l’ami sûr, à qui on va quand on est dans le doute, ou la peine…»8. « Je suis ici non pas pour convertir les Touaregs, mais pour essayer de les comprendre … La confiance dont m’entourent les Touaregs du voisinage va croissant ; les amis anciens deviennent plus intimes ; de nouvelles amitiés se forment. Je rends service en ce que je peux, je tâche de montrer que j’aime …»9.

« Résider seul dans le pays est bon, on y a de l’action, même sans faire grand-chose, parce qu’on devient du pays, on y est si abordable et si tout petit. »

En 1911, il écrit à J. Hours10 : « Pour évangéliser, d’abord préparer le terrain en silence par la bonté… » Charles, qui dans les premières années à Tamanrasset sortait peu, n’hésite plus à faire des kilomètres pour aller chez ceux qui sont malades, mais aussi pour voir leur jardin ou leur nouvelle maison, alors qu’il est très occupé par son travail linguistique, par ses temps de prière et par une correspondance très abondante. Il va en ami et veut rendre Jésus présent comme Marie, porter Jésus en lui, mêlé à la vie des gens. Et c’est ainsi que sa vie, exposée à tous, peut rayonner sur le pays comme une hostie vivante.

Charles reste un homme de son temps, mais il va de projets en projets, d’abandons en abandons, toujours en éveil, en inquiétude, en dynamisme, n’est-il pas le disciple d’un Dieu qui ne laisse jamais en repos, un Dieu en mouvement, toujours en avant, qui est visitation aux hommes. Charles ne s’est jamais arrêté de marcher « plus avant ». Dans l’exil de luimême, Charles offre à l’Eglise, à ses disciples, un message qui laisse possible des évolutions, des interprétations selon les lieux et les époques, les personnes, les appels. Il nous invite à être créatifs dans l’écoute du présent, il nous envoie « au large » attentifs aux circonstances pour vivre le dialogue avec tous.

Sr. Martine dans un village berbère

Ce toujours « plus avant » dans la rencontre des autres et de l’Autre essaye de colorer mon incarnation quotidienne.

Depuis 1999, j’ai le privilège de vivre à Tamanrasset. Le village de 42 habitants est devenu grande ville, très cosmopolite. Notre communauté : deux petits frères de Jésus, un prêtre et moi ; quelques sub-sahariens partagent parfois notre prière. La démarche proposée par Ch. de Foucauld reste d’actualité. C’est passionnant de le suivre à la trace. Les relations restent vivantes avec les descendants d’une tribu qu’il a beaucoup fréquentée, les Dag-Ghali dont il disait : « Ils font partie des amis sur qui je puis compter ». Un des leurs, Bachir, est récemment venu me voir, et en prévision de l’hiver froid dans leurs montagnes, je lui avais rempli un sac de vêtements qui m’avaient été donnés. Il les a distribués aux familles le plus en besoin, et ce matin, de passage à Tam, il vient me saluer et se fait messager : « Les femmes demandent qu’est-ce que tu veux ? ». J’ouvre grands les yeux, que veut-il dire ? Et il précise aussitôt « Qu’est-ce qu’elles demandent à Dieu pour toi dans la prière ? ». Je reste vraiment surprise, et lui réponds très spontanément. Sa démarche vient me toucher à l’intime, un petit partage matériel qui a généré une belle réalité spirituelle. Je vis cette journée le coeur rempli de gratitude, je me sens renvoyée au coeur de notre vocation contemplative. C’est une belle expérience d’être reliée à des gens de prière qui ont une foi différente. J’ai besoin de la foi des autres pour enraciner ma propre foi. Être avec Jésus tout en vivant avec d’autres qui ne le connaissent pas, c’est ce qui donne sens à ma vie. C’est d’abord me laisser aimer par lui et par eux dans la gratuité, sans arrièrepensée, sans programme.

Être avec Jésus tout en vivant avec d’autres qui ne le connaissent pas, c’est ce qui donne sens à ma vie.

Avec les années, en dépit d’un contexte chaotique mais passionnant, malgré les contraintes et les imprévus, je me sens de plus en plus partie prenante de tout ce qui foisonne, qui lève malgré des horizons peu favorables. Ma posture d’étrangère et de femme n’est pas toujours confortable, mais c’est un bon atout pour rester humble et en besoin des autres. Dans beaucoup de domaines, je me sens en apprentissage. Se mêler à tous, porter Jésus dans son tabernacle intérieur, ce sont les orientations que Charles nous a laissées. Comme Marie, être en « état de visitation », avec Jésus sortir de chez soi pour aller à la rencontre de l’autre, chez lui. Rejoindre ce qui lui est cher, sa foi, ses fêtes religieuses. Se sentir chez « soi » chez l’autre est un cadeau, quand on sait tout ce qui peut nous séparer. Je suis vraiment touchée quand certaines amies me considèrent comme de la famille, me laissant faire la vaisselle ! Ce sont souvent des petits gestes qui nous permettent de prendre conscience de ce que nous sommes, de ce que nous portons, ce n’est pas de « mon Dieu » que je voudrais leur parler, mais « du leur » enfoui dans leur coeur, et sans eux, je ne serais pas ce que je suis.

En faisant un bout de route ensemble, surtout avec ceux qui souffrent de toutes sortes de manques, la réciprocité s’instaure petit à petit, jusqu’à devenir parfois de belles amitiés. Faire place à la culture de l’autre, et estimer une autre manière de faire demande bien des efforts, un abandon aux évènements et aux personnes. La logique de l’Amour exige que l’autre ait un regard et un droit sur moi. Au coeur de nos mentalités si diverses, j’ai dû apprendre le pardon, le quémander, le donner et le recevoir. J’ai vu aussi l’entraide, la confiance, la compassion. L’Esprit n’est la propriété d’aucune religion et travaille toutes les cultures !

Depuis longtemps, j’accompagne des femmes, des enfants, des sub-sahariens à l’hôpital. Les connaissances, les amitiés se croisent…mamans d’enfants handicapés, acteurs sociaux, médecins, sage-femme. Ma joie surtout, c’est de voir que des amies qui ont bénéficié de mon service, deviennent elles- mêmes maintenant accompagnatrices pour d’autres. Un jour, je sortais de l’hôpital où j’avais subi une petite intervention. J’allais chez le pharmacien acheter une pommade assez chère. N’ayant pas l’argent nécessaire, l’homme qui était derrière moi et qui ne me connaissait pas a avancé un billet ! Je reste éberluée, je lui demande : « Tu me connais ? ». « Non ! ». Ce geste m’a vraiment bouleversée, que lui dire d’autre que cette exclamation sortie du fond du coeur : « Que Dieu t’ajoute du bien ». La fraternité du genre humain parfois là où on ne l’attend pas…le monde à l’endroit… le Royaume vient …

La table de la rencontre est le chemin vers la table de l’Eucharistie, et vice versa.

Depuis cinq ans, chaque semaine, je visitais Omar, 14 ans, infirme moteur cérébral, rivé à sa couche. Son père vient de le faire ramener en Libye auprès de lui. Ce jeune garçon extraordinaire m’a beaucoup marquée, nous avions inventé un petit vocabulaire qui nous était propre. Il fut pour moi le Christ présent dans le plus petit de mes frères. C’est une leçon de vie que distillent ces enfants handicapés, emprisonnés dans leurs corps, certains habités aussi par une joie inexplicable, ils sont des sources cachées, qui fécondent invisiblement notre terre, un baume de petitesse à grand parfum… Toutes ces personnes rencontrées deviennent le lieu de ma contemplation et de ma communion. La table de la rencontre est le chemin vers la table de l’Eucharistie, et vice versa. Comme personne et comme communauté, nous avons une responsabilité « sacerdotale ». Offrir l’amitié partagée, offrir toutes les épreuves, les injustices, faire le lien entre ce monde souffrant et la passion de Jésus. Le « pain rompu », il l’est pour moi et « pour cette multitude ». Notre participation à l’Eucharistie rend présente cette foule d’absents aussi en marche vers Dieu. Le sacrement de l’Alliance se vit à travers nous et ces peuples qui nous accueillent.

Lorsque chaque semaine, je reviens de la prison, j’aime déposer aux pieds du Maitre ces jeunes migrants qui m’ont ouvert leur coeur, dans une certaine nudité, sans fard dans leur beauté et leur misère. Je me sens aussi appartenir à cette humanité commune, blessée, décevante mais lieu de salut, d’appartenance à un Autre qui ne nous fait jamais défaut. La prison permet parfois la grâce de renaitre en renouant avec plus grand que son coeur. Je retiens le cri de l’un d’entre eux un jour après un partage d’Evangile : « Fantastic God ! » Et ce magnifique geste de communion, avant de nous séparer, un entrelacs de toutes nos mains dans le cercle de nos tables, avec un cantique en langue ibo, sous les yeux ébahis du gardien ! Je suis toujours émue qu’entre ces murs, résonnent des prières en toute langue… Le service de l’aumônerie des prisons est précieux pour la vie de l’Eglise en Algérie, il dit en acte le pourquoi de notre présence.

Sr. Martine rend visite à une famille amie

Toute cette vie avec ces multiples rencontres me pousse à aller de l’avant, à parcourir mon quartier, à participer aux mariages, aux deuils, à visiter tout un chacun. Je fais l’expérience qu’en fraternisant, je suis nourrie non seulement de pain, mais de la bonté, de la foi, de la prière de l’autre. Je cueille tous les mots d’un peuple où le Verbe aussi demeure et germe sans bruit.

N’est-ce pas l’eau de Dieu que nous buvons, sans cacher que parfois elle a plusieurs goûts selon les sources, mais la dominante c’est qu’elle est une eau qui désaltère, une eau qui engendre la Vie, au-delà de nos croyances réciproques, et cela m’est précieux. Identifiée comme femme de prière, plongée dans la maison de l’Islam, j’ai à coeur d’être fidèle à cette vocation qui est ma joie ! Il y eut des semailles, un grain de blé tombé en terre le premier décembre 1916. Aujourd’hui, n’est-ce pas le temps de la récolte ? Nombreux sont les femmes, les hommes qui suivent ce frère aîné, sur ce chemin d’une vie donnée là où ils vivent dans les déserts de ce monde …

« En fraternisant, je suis nourrie non seulement de pain, mais de la bonté, de la foi, de la prière de l’autre. »
[1] Parole du 1/02/1898 à l’Abbé Huvelin, son accompagnateur spirituel. Notons que la devise de sa famille était « jamais arrière »
[2] Référence à ces paroles de Matthieu 25, dont il dira qu'elles ont été les plus déterminantes dans sa vie. [3] Lettre de Juin 1901 à Henry de Castries, explorateur au Maroc, au dix-neuvième siècle [4] Lettre à un ami, 29/11/1901 [5] Expression qu’il utilise dans une lettre à Marie de Bondy, sa cousine, 4 Septembre 1912. [6] Lettre du 28/10/1905 à Henry de Castries. [7] Lettre à Mgr Guérin, évêque du Sahara, 1908. [8] À René Bazin, écrivain. [9] Au P. Voillard, supérieur des Pères Blancs, 12 juillet 1912. [10] Joseph Hours, correspondant lyonnais.

Cet article fait partie du numéro 72 de la revue FOI

Evangéliser autrement?

mars-avril-mai 2022