Astère et Delphine Simbaré

mariés, ccn, Bouvines

Fondation au Burundi

« Ce n’est pas vous qui partez, c’est nous qui vous envoyons. »

En relisant l’histoire de la naissance du Chemin Neuf au Burundi, nous pouvons confirmer que cette Parole s’est accomplie : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein » (Romains 8,28)

En effet, l’histoire de la fondation du Chemin Neuf au Burundi commence par une amitié entre un couple de Français, Bernard et Evelyne Fulchiron, qui a résidé au Burundi dans le cadre de la coopération Française, de 1976 à 1986, et des Burundais que le couple a connus durant son séjour au Burundi, dans la société Burundaise en général et dans les milieux religieux en particulier, comme le Foyer de Charité et un groupe de prière charismatique qui démarrait.

Cette époque a été marquée par un conflit entre le gouvernement du Burundi et l’Eglise Catholique. Le conflit s’est aggravé jusqu’à ce que le gouvernement ferme des églises, des séminaires et empêche des groupes de prière. Les étrangers qui fréquentaient des lieux de prière étaient mal vus par les autorités politiques. C’est ainsi que le séjour des Fulchiron au Burundi se terminera plus tôt que prévu.

Quand Bernard et Evelyne ont quitté le Burundi en 1986, un de leurs amis a dit cette parole prophétique au moment des adieux : « Ce n’est pas vous qui partez, c’est nous qui vous envoyons. Tout ce que vous trouverez sur les couples, faites-le nous parvenir ». Cette prophétie s’est réalisée rapidement : en 1987, les Fulchiron vivent l’expérience d’une session Cana en France et touchés par la grâce de Cana, ils pensent tout de suite à leurs amis du Burundi. Ils leur témoignent de ce qu’ils ont reçu. Au mois de mai 1988, le vicaire général du Diocèse de Bujumbura, Mgr Gabriel Baregensabe, ami des Fulchiron, à l’occasion de son passage en France, rencontrera des responsables de la mission Cana qui lui exposent brièvement en quoi consiste cette mission auprès des couples. Touché par cet exposé et ayant confiance dans la proposition de ses amis, il en parle à son évêque dès son retour au Burundi et, la même année, deux couples du Burundi (Patient et Colette, Canisius et Thérèse) vivent une session Cana en France, à Montagnieu. Au début de l’année 1991, l’évêque de Bujumbura invite la Communauté du Chemin Neuf à animer une session Cana sur place et celle-ci s’est tenue en juillet 1991.

Equipe Cana, Burundi, 2001

Nous avons eu la chance de participer à cette première session Cana tenue au Burundi, au Foyer de Charité de Bujumbura. Nous étions au total huit nouveaux couples, quatre couples au service (les deux couples qui avaient fait la session Cana en France, les Fulchiron et les Cartier François et Laurence), trois religieuses et un prêtre (Mgr Gabriel Baregensabe). Nous avions soif du Seigneur et c’est lors de cette session Cana qu’Il nous a désaltérés. Mais il a aussi augmenté en nous deux la soif de le connaître davantage. Après cette session, nous nous sommes engagés dans la fraternité Cana.

En octobre 1993, une crise socio-politique éclata au Burundi, avec des massacres inter-ethniques. Certains quartiers de la ville de Bujumbura se sont balkanisés, devenant mono-ethniques. Malgré cette crise, les couples engagés dans la fraternité Cana surpassaient la peur et parvenaient à se rencontrer. Les sessions Cana continuaient à se tenir.

Après trois années en fraternité Cana (septembre 1994), le Seigneur nous a appelés à quitter notre pays pour suivre une formation communautaire et théologique aux Pothières, en France. Alors que le projet initial était de suivre une formation de trois mois (cycle A), nous sommes restés trois années. A la fin des trois mois, nous avons commencé un cheminement communautaire et suivi une formation de six mois (cycle C) à Hautecombe. Après l’année de formation, nous avons été appelés au service de la formation aux Pothières pour expérimenter la vie communautaire et un autre couple de Burundais (Isidore et Germaine Hakizimana) nous y a rejoints. Tous les quatre sommes retournés au Burundi en 1997 et nous nous sommes engagés dans la Communauté ensemble en avril 1998. La Communauté démarrait avec nous quatre engagés et deux couples en Bethléem.

A cette époque, nous n’avions pas de maison communautaire, mais cela ne nous a pas empêchés de démarrer un groupe de prière, une formation du Cycle B (ancêtre de la formation Emmaüs) et la mission Jeunes. Nos rencontres se tenaient dans des paroisses et/ou des écoles tenues par des religieux. La mission Cana se poursuivait et portait beaucoup de fruits. Après plusieurs sessions Cana tenues dans la capitale Bujumbura, une session s’est tenue au Nord du Burundi, dans le diocèse de Ngozi, en juillet 2000.

Cette même année, l’évêque de Bujumbura, Mgr Evariste Ngoyagoye, ayant appris l’existence
de l’Institut du Chemin Neuf, demanda à la Communauté de fonder une paroisse qui couvrirait les quartiers du Nord de la capitale. Après avoir reçu une réponse positive du berger de la Communauté, l’évêque de Bujumbura proposa un terrain à bâtir scindé en deux parties : une partie qui serait une propriété de la Communauté pour construire un lieu de vie et une autre partie qui resterait propriété du diocèse pour bâtir notamment l’église de la paroisse.

Le projet de la paroisse démarrera en 2007. Sur proposition de la communauté, la paroisse sera dénommée par l’évêque, « Paroisse Saint Jean-Baptiste » et une première fraternité de vie commence dans des locaux loués à une congrégation des Frères de la Charité, voisins de la future paroisse. La fraternité de vie est composée de Noël Tavernier, curé de la nouvelle paroisse, Elysée Niyokindi qui vient de terminer sa formation en philosophie et Jacqueline Kanyange, Jeune du Chemin Neuf (JCN). La durée du contrat de location étant d’une année, des travaux commencent rapidement sur le terrain de la Communauté et la fraternité de vie déménage dans une maison communautaire du Chemin Neuf en 2008.

Après ces petits commencements, le Seigneur a béni les missions du Chemin Neuf au Burundi. Aujourd’hui, la Communauté compte environ une centaine de frères et sœurs, 360 frères et sœurs engagés dans la Communion et la fraternité Cana compte plus de 630 couples. A. & D. S.

Frères et soeurs de la Communauté au Burundi, 2023

Cet article fait partie du numéro 78 de la revue FOI

LE CHEMIN NEUF FÊTE SES 50 ANS

septembre-octobre-novembre 2023

Regard sur le monde   Vie de la Communauté  

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