Matheus De Paula Ferrerira

Ingénieur, Fraternité Politique

1 juin 2021

La fraternité Politique reçue par le Pape François

« Comme en famille »

La Fraternité politique du Chemin Neuf regroupe des jeunes de 18 à 35 ans, de différents pays et cultures politiques, animés d’une même passion pour le Bien commun et les pauvres, et désireux d’agir en politique selon le coeur de Dieu. Le 30 avril, le pape François a reçu en audience plusieurs membres de la Fraternité, dont Matheus, qui répond à nos question

FOI : Qu’est-ce qui a été à l’origine de ce voyage ?

Matheus : La Fraternité Politique avait prévu de se retrouver pendant un week-end à Rome, avec des jeunes venant de différents pays. Mais, du fait des conditions sanitaires, ça n’a pas été possible. Il se trouve qu’une rencontre avec le pape François était prévue au programme. Il n’était pas sûr qu’elle soit maintenue. Finalement, nous avons été quelques-uns à pouvoir participer à une audience avec le pape François, une audience plutôt « intime », avec une trentaine d’autres jeunes.

FOI : Qu’attendiez-vous de cette rencontre ?

Matheus : On n’était pas venu à Rome pour « voir » le pape, parce que, sur internet, on peut le voir en photo, video. Non, c’était plutôt pour l’entendre, recevoir de lui un mot d’envoi, un mot d’encouragement par rapport à cet objectif de la « Frat politique » : engager des jeunes pour changer le monde. Donc, on voulait d’abord lui soumettre cette motion et écouter de lui quelque chose qui confirme, ou qui corrige ce désir. C’était ça, le but de cette rencontre, non pas le voir, mais l’écouter.

FOI : Que retiens-tu de cette rencontre ?

Matheus : Je distinguerais ce que je retiens personnellement de ce que nous avons entendu ensemble, communautairement. Depuis ma jeunesse, j’ai toujours été ouvert à l’oecuménisme, au dialogue inter-religieux, à des sujets politiques, comme l’engagement de l’Eglise auprès des pauvres, ou encore à des préoccupations écologiques. Parfois, avec mes amis ou collègues, je me sentais « moins » catholique, car ils n’appréciaient pas l’oecuménisme, cette idée d’unité. Du coup, je ne me sentais pas tout-à-fait en phase avec l’Eglise. Et, quand le pape François nous a parlé de « construire des ponts » entre les nations, les peuples, les religions, quand il a évoqué la conversion écologique, l’engagement auprès des pauvres, c’est-à-dire l’engagement social de l’Eglise, ça m’a vraiment donné une grande joie. Je suis sorti de l’audience avec une joie immense, parce que je me retrouvais dans mon Eglise. Je suis vraiment catholique, sans être plus, ni moins. Je suis vraiment en phase, en communion avec mon Eglise. D’un point de vue communautaire, nous avons été interpelés par l’envoi ressenti dans les paroles que le pape nous a adressées : « Apportez de l’espérance aux jeunes qui sont désespérés ». C’était vraiment comme un « envoi », une motion de l’Esprit Saint, qui venait dire : « Allez, tenez ferme sur ce chemin. Continuez à annoncer l’espérance ». C’est ça, la politique. C’est aussi apporter de l’espérance aux gens, à travers la dignité, la réduction des inégalités. C’est donner la joie de vivre. L’espérance, c’est ça : avoir confiance que le jour suivant, le lendemain, sera mieux que l’aujourd’hui. Et ça engendre une joie. Pour nous, chrétiens, donner aux gens cette joie, c’est être fondé sur le fait que le Christ est vivant. Il est ressuscité. Puiser à cette source de la résurrection du Christ pour donner aux gens cette joie de vivre et transformer cela en actions concrètes.

FOI : Est-ce que cette rencontre vous pousse à envisager des réalisations concrètes ?

Matheus : En juillet, nous avons la rencontre Changemakers. Ce sera l’occasion de relire ce qu’on a vécu à Rome. Et puis, se donner un point de départ, des objectifs concrets à court et long terme. La rencontre avec le pape nous a donné une flamme, une envie de nous mettre en route.

FOI : Tu peux nous parler de Changemakers ?

Matheus : Oui, c’est un rassemblement de jeunes de plusieurs nationalités, qui se déroulera à Budapest, en Hongrie, du 27 juillet au 1er août. Face aux crises actuelles, nous avons le choix : chercher parmi les solutions traditionnelles ou oser rêver et créer quelque chose de nouveau. Plus que jamais, notre monde a besoin de bâtisseurs de paix, d’hommes et de femmes de toutes cultures qui se rassemblent pour se poser ensemble cette même question : à quel changement j’aspire? Changemakers c’est des jeunes du monde entier qui, au coeur de l’Europe, veulent bâtir une vision pour notre avenir commun !

FOI : Lors de cette rencontre avec le pape François, as-tu ressenti comme un lien de paternité ?

Matheus : C’est justement le sentiment que nous avons tous eu. Nous n’étions pas seulement devant le « chef » de l’Eglise catholique, mais surtout devant un grand-père aimant, tendre, partageant son expérience avec ses enfants. C’était comme une rencontre de famille. On avait l’impression que les assistants du pape étaient plus protocolaires que lui-même. Quand il est arrivé, il a mis un peu de bazar. Il faisait des blagues, il souriait. A la fin, il nous a dit : « Il faut que vous veniez me voir plus souvent ». C’était simple, chaleureux.

FOI : Etiez- vous des jeunes représentant différentes confessions chrétiennes ?

Matheus : Oui, luthériens, anglicans, évangéliques. Il y avait beaucoup de joie entre nous. On a vécu un peu de ce que nous croyons, qu’un jour on sera tous ensemble. !

https://fraternite-politique.chemin-neuf.org https://welcometopararadise.fr/changemakers

Cet article fait partie du numéro 69 de la revue FOI

St Joseph, un modèle masculin?

juin-juillet-août 2021

Vie de la Communauté  

Ces articles peuvent aussi vous intéresser…

Dialoguer en famille

En famille, apprendre à aimer et à dialoguer !

Bénédicte Le Callennec

Rêvons un peu… Dans la « famille idéale» , chacun pourrait exprimer ses émotions en toute sécurité, développer sa personnalité, recevoir et donner, partager ses idées avec les autres membres du foyer… pour ensuite être en mesure de se déployer à l’extérieur de la famille. Mais v...

Hommage

Emile Shoufani : l’homme du dialogue

Béatrice Bourrat

« Toute ma vie j'ai voulu faire de cette terre un signe de réconciliation pour tous »1. C’est pendant l’une des étapes les plus dramatiques de l’histoire de l’Etat d’Israël et de la Palestine que le père Emile Shoufani s’en est allé. Cet homme se sera battu jusqu’au bout pour ai...