Odile Imberton

Communion du Chemin Neuf, Villeurbanne

La Communion a 30 ans !

Diffuser la mission de la communauté

Nous avons découvert la Communion dans les années 95. Auparavant, alors que nous étions responsables du groupe de jeunes de l'Eglise évangélique du réveil de Villeurbanne...

Nous avons découvert la Communion dans les années 95. Auparavant, alors que nous étions responsables du groupe de jeunes de l’Eglise Evangélique du réveil de Villeurbanne, nous avions eu, avec notre pasteur Claude Stalin, quelques contacts avec la Communauté , en rencontrant Jacques Monfort. Mais, c’est en vivant une session Cana que nous avons pris connaissance de la Communion et que nous l’avons rejointe en 98.


Comment m’est-elle apparue à ce moment-là ? Un lieu de rencontres de Chrétiens, toutes confessions confondues, animés par la même soif de foi vivante. Oui il était possible de suivre le Christ ensemble, quel que soit notre histoire, notre culture, notre éducation religieuse ! C’était pour moi un signe fort de l’oeuvre du Seigneur et j’aimais affirmer : « Ce n’est pas une nouvelle église », dans le sens d’une nième dénomination en « iste », baptiste, méthodiste …si nombreuses côté évangélique ni un nouvel ordre en « ain », dominicain, franciscain … côté catholique, mais bien des croyants désireux de s’enrichir de leurs expériences et repartant plus forts dans leurs lieux d’église : faire l’unité dans la diversité !


Les intuitions portées par la Communauté pouvaient, grâce à la Communion, être diffusées plus largement sur le terrain, au sein des paroisses, associations, lieux d’engagement de ses membres. Quelques années plus tard, cette question de la mission de la Communion fut même le thème d’ateliers au cours d’une journée de formation. Une problématique émergeait de plus en plus : « Les appels au service, qui se multipliaient pour les activités internes à la communauté, ne faisaient-ils pas obstacle, concurrence aux investissements propres à chacun sur son lieu de vie ? »


Il fallait faire des choix. Le tiraillement entre engagement dans la Communion et présence sur les lieux d’implantation s’avérait sans doute inconfortable, mais n’était-ce pas l’originalité et l’enjeu propres à la Communion ?


Le tournant s’est accentué, je pense, avec le développement des paroisses confiées à la Communauté et les propositions d’Eucharistie sur les lieux communautaires. Ainsi s’est créé un certain mouvement de centralisation vers la Communauté plutôt que de rayonnement à l’extérieur (pour reprendre l’image de la roue !)


D’autre part, les diverses missions de la Communauté ont multiplié les passerelles auprès de personnes en marge de la foi. C’est une incontestable évangélisation ! Et sont alors appelées à rejoindre la Communion des personnes en questionnement, en recherche. La charte de la Communion, qui, était, à l’origine une référence de points acquis devient alors pour ces dernières plutôt une ligne à atteindre. De ce fait, la Communion prend un visage plus hétérogène.


Une évolution apparait, également, au niveau de l’oecuménisme, qui reste un bel atout, mais semble moins crucial au coeur de l’engagement qu’autrefois. Nous savons qu’il est difficile de demeurer vigilant à « l’autre » différent, quand il est si peu représenté, et malheureusement encore plus minoritaire actuellement. L’attention de la Communauté à maintenir sa reconnaissance au sein de l’Eglise catholique a-t-elle pris le pas sur sa vocation oecuménique ?


Reconnaissant toutes les initiatives de rencontres qui continuent à fleurir ici ou là, Il est bon cependant de revenir à l’origine. La Communion garde-t-elle sa vision, sa force ?
Que Dieu nous fasse grâce pour élaborer la suite et choisir ce qui sera dans Son projet !

Cet article fait partie du numéro 73 de la revue FOI

La guerre et la paix

Juin-juillet-août 2022

Vie de la Communauté  

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