Frédérique et Philippe Henry

mariés, ccn, Chambéry

Quitter Lyon

En route vers le Sud !

Quand on évoque la Communauté à Marseille, ce qui vient à l’esprit, c’est le Centre ND du Roucas et la paroisse de Mazargues. Pourtant, avant que ces deux lieux nous soient confiés, toute une histoire s’est vécue, tout un enracinement qui a sans doute permis ces étapes...

C’est de ces petits commencements dont nous voulons témoigner. Nous sommes de la génération des « vieux communautaires » : Philippe est entré dans la Communauté en février 1976, suite au tout premier cycle A, Frédérique dans l’été 1978. Notre aventure de couple a commencé lors du premier cycle C (1978-80). Nous nous sommes « découverts » à l’automne, fiancés au printemps et mariés en début d’été ! Au terme de ces deux ans, avec une naissance attendue pour l’hiver, nous étions disponibles pour ancrer notre famille dans une nouvelle « terre ».

Dans le courant de cette deuxième année, la Communauté a été sollicitée par Mgr Etchegaray, alors archevêque de Marseille, pour une fondation dans son diocèse.
Ce n’était pas encore l’Afrique, mais la porte de l’Afrique !

Cette demande a été relayée par le père Jean Lahondès, vicaire épiscopal des secteurs de mission ouvrière. C’est le secteur pastoral de St Marcel situé dans les quartiers Est, et son responsable, le père Jacques Boucher, qui ont eu l’audace de s’engager dans un travail commun avec notre petite communauté charismatique naissante !

Pour cette aventure, nous partons à quatre, avec Denise Vincent, en cheminement vers le célibat consacré et Emmanuel Daublain, en plein discernement d’un appel au sacerdoce.
Sur place, Bernadette et Patrice Druel et leurs enfants nous attendent à Aubagne ainsi que Nicole Fischer (devenue Nicole Fabre), toute jeune pasteure de l’Eglise réformée de France, en charge du temple de Menpenti, dans le 6ème, puis Anne Savajol, quelques mois plus tard.

C’était la toute première expérience de fondation hors région lyonnaise, avec pour nous ce sentiment d’être loin du cœur de la communauté, et d’être envoyés comme en « terre étrangère ». Comment rester une seule et même communauté ? Tout était à inventer !

Fraternité des Micocouliers, 1990

Octobre 1980 : c’est l’arrivée dans un petit presbytère attenant à un des clochers (La Pommeraie).
Nous sommes merveilleusement accueillis, en particulier par plusieurs couples portant un fort désir de liens fraternels. La naissance proche de notre aîné a sans doute aidé et nous a valu beaucoup de prévenance et de solidarité très concrète.

Le diocèse nous propose deux mi-temps pastoraux au service du secteur. Quelle aventure pour nous que de plonger dans une sensibilité d’Eglise très différente de la nôtre ! Denise ayant plus de repères, avec ses années à la JOC.

Aussitôt, nous posons les fondamentaux de notre appel communautaire :
– un groupe de prière dans le petit oratoire du presbytère, rejoignant la soif de plusieurs paroissiens et proches.

– le travail pour l’unité des chrétiens, facilité par la présence de Nicole. Comme nous le faisait remarquer avec humour Mgr Etchegaray : « Votre seul ministre est protestant ! ». Très vite, nous sommes impliqués dans les semaines de prière pour l’unité, puis invités à participer aux rencontres du comité œcuménique interconfessionnel.

– Dès la 2è année, proposition d’un parcours pour les couples, reprenant le déroulé de la session Cana en quatre week-ends, avec, entre autres fruits, le début d’un chemin vers la commu- nauté de plusieurs couples.

Notre famille s’agrandissant, le presbytère devenait trop petit ! Le diocèse nous propose alors une ancienne école paroissiale dans le 5ème arrondissement, plus central. Ce lieu beaucoup plus spacieux permet l’arrivée de deux nouvelles familles avec leurs enfants. Au presbytère, se constitue une petite fraternité de célibataires consacrés.

Les fruits de cette étape ? Le développement important du groupe de prière, l’insertion dans la vie diocésaine renforcée par l’ordination de Jacques Dubray comme diacre permanent et de Serge Clémente comme diacre en vue du sacerdoce, la proposition de cycles de formation (Emmaüs), de week-ends Cana et retraites ignatiennes.

Courant 1986, la question d’un lieu pour les sessions et retraites, jusque-là organisées dans des maisons d’accueil, se pose de plus en plus. Survient une proposition providentielle des Sœurs Visitandines qui souhaitent quitter leur monastère de St Jérôme dans le 13è et recherchent une communauté pour assurer une présence avant la vente.

Eté 1986 : départ du quartier St Pierre. Trois familles, dont un couple évangélique baptiste, et deux célibataires s’installent dans ce monastère vétuste, mais avec un grand parc plein d’oliviers et offrant surtout la possibilité d’accueillir des groupes, ainsi que nos rencontres et we communautaires et des fêtes mémorables ! La nomination de Serge Clémente, comme vicaire à la paroisse de St Jérôme, (relayé ensuite par Louis Marc Thomy en 1993) va nous ancrer encore davantage dans ce nouveau quartier, situé au Nord Est de Marseille

Cette détermination de la communauté à proposer des sessions et retraites ignatiennes malgré la précarité du lieu a sans doute encouragé les Jésuites à lui confier le centre ND du Roucas pour poursuivre la vocation de la maison après leur départ (passation durant l’été 1987)

Après trois ans au monastère, la Providence, par un don important, permet l’achat de plusieurs appartements dans une petite copropriété du quartier, les Micocouliers. D’où la possibilité de poursuivre un enracinement sur ce secteur et l’installation de plusieurs familles et célibataires à proximité de l’église. Cette vie communautaire mixte, fraternité de vie et de quartier à 800 m les uns des autres, témoigne et porte de beaux fruits : groupe de prière œcuménique, engagement dans la vie paroissiale, fêtes pour Dieu…

La communauté avait alors deux poumons : Le Roucas, maison d’accueil dans un quartier très résidentiel et la paroisse de St Jérôme dans le 13ème (début des quartiers Nord) dans un contexte très mélangé avec de nombreuses cités.

En 1998, quand Mgr Panafieu confie la paroisse de Mazargues à la communauté et que, progressivement, les frères et sœurs quittent le quartier (sauf nous !), des graines restent semées, entre autres dans les relations œcuméniques. Depuis, les cinq Eglises du secteur (arménienne apostolique, évangélique, syriaque orthodoxe, réformée évangélique et catholique) sont en lien étroit et se réunissent plusieurs fois par an.

Béni soit le Seigneur qui voit plus loin que nous !  F. & P. H.

Cet article fait partie du numéro 78 de la revue FOI

LE CHEMIN NEUF FÊTE SES 50 ANS

septembre-octobre-novembre 2023

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