Ordinations diaconales et présbytérales

« Est-ce que tu m’aimes ? »

Le 12 septembre 2020, à Ars, douze frères de la communauté du Chemin Neuf ont été ordonnés, sept comme diacres et cinq comme prêtres, par Mgr. Pascal Rolland, évêque de Belley- Ars. Malgré les contraintes dues aux conditions sanitaires, la célébration fut joyeuse et sous la marque du Curé d'Ars.

Témoignage : Albert Zongo

« J’ai toujours été très préoccupé par les questions d’injustice, de guerre, de paix, tout ce qui ne va pas dans la société. Je me demandais comment je pouvais m’engager pour transformer le monde. Je voulais devenir journaliste ou faire des études de négociation et travailler pour la paix. Mais, j’avais du mal à comprendre que cet appel pouvait s’incarner dans la vie religieuse.

Le Seigneur est venu pas à pas pour me le montrer. Durant une semaine de retraite selon les Exercices de St Ignace organisée par la communauté, le Seigneur m’a dit : ‘’ Tu veux t’engager, me servir, tu veux ce « davantage » avec moi. Est-ce que, d’abord tu m’aimes ?’’

A travers la question posée à Pierre (Jn 21), le Seigneur m’a invité à me décider.

En relisant alors ma vie, je me suis souvenu que le Seigneur m’avait déjà adressé son appel lorsque j’étais enfant et je l’avais enfoui. Lorsqu’Il m’a demandé : ‘’Est-ce que tu m’aimes ?’’, Il a réveillé cet appel et c’est dans les larmes que j’ai répondu : ‘’Oui, Seigneur, Tu sais tout. Tu sais que je t’aime’’.

Et petit à petit, j’ai compris que le Seigneur m’appelait à incarner Son appel dans la communauté du Chemin Neuf qui travaille pour l’unité des Chrétiens, du couple, de la personne, qui travaille, en fait, pour l’amour. »

Témoignage : Christophe Delas

« Lors d’un pèlerinage à Ars, il y a plusieurs années, j’ai reçu cette parole du Seigneur : ‘’ Christophe, tu m’as donné ta vie. Est-ce que tu acceptes que je la donne en cadeau aux autres ? – Oui, Seigneur, c’est vraiment ce que je désire. Je veux être prêtre pour les autres’’.

Ma vie appartient à Dieu et à mes frères et sœurs de communauté. Et à toutes les personnes auprès desquelles le Seigneur m’enverra.

Je voudrais aussi vous partager une joie, celle de la vie communautaire, de la vie fraternelle dans notre diversité. Le Seigneur m’a planté dans la communauté du Chemin Neuf. Nous sommes ensemble, hommes et femmes, couples et célibataires, frères et sœurs de confessions chrétiennes différentes, de cultures différentes, pour annoncer Jésus, pour annoncer l’amour de Dieu.

Je crois que, si je suis ici, aujourd’hui, je le dois d’abord à ce que j’ai reçu dans ma famille de sang, mes parents, mes frères et sœurs ; mais je le dois aussi à ce que j’ai reçu dans la vie communautaire. Au fond, ce sont les frères et sœurs de la communauté qui m’ont façonné.

La « diversité réconciliée », dont parle le pape et que nous tentons de vivre chaque jour, m’a façonné. Ce que j’ai reçu de la vie communautaire, c’est que j’apprends à être « frère », et aujourd’hui, je suis « père », mais je suis d’abord « frère ». Je demande aujourd’hui, pour mon ministère, d’être un frère et un prêtre universel, un frère et un prêtre « pour les autres », et de devenir toujours plus porteur du Christ et de la miséricorde du Père. »

François Michon, supérieur général de l’Institut du Chemin Neuf

« Il y a toujours une émotion pendant les ordinations. On sent quelque chose qui nous dépasse, qui appartient au mystère du sacré et de l’alliance. Nous sommes touchés parce que cela signifie à quel point notre Dieu, le Seigneur des seigneurs, n’a d’autre désir que d’entrer en communion avec le monde qu’Il a créé, avec chacun de ses enfants, à quel point Il veut habiter au milieu de son peuple. Quand un frère entend cet appel au sacerdoce, à Le suivre sur cette voie, et qu’il répond ‘’Oui ‘’, c’est le mystère d’amour de Dieu qui veut rencontrer ses enfants. ‘’Je te choisis pour être le canal de cette grâce, de cette tendresse, de cette miséricorde. Le canal de cette espérance, de cette confiance, dans un monde qui a tellement besoin de ma présence », dit le Seigneur. C’est une immense grâce.

Je crois que chacun de nos frères mesure à quel point il est indigne d’un tel choix de la part du Seigneur. Je crois que nous tous, ici rassemblés, nous ne sommes pas dignes non plus d’un tel amour, d’un tel désir de communion de Dieu avec son peuple, avec le monde qu’il a bâti. Donc, une grande action de grâce au Seigneur que j’aimerais qu’on applaudisse. »

Cet article fait partie du numéro 66 de la revue FOI

Carlo Acutis

septembre-octobre-novembre 2020

Vie de la Communauté  

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