6 juin 2024

Art et vie intérieure. Témoignages

« La beauté est portée par quelque chose de plus grand »

On pourrait considérer l'art (musical, pictural, littéraire...) comme étant éloigné de la vie intérieure parce que trop proche des sens et de la sensibilité. Mais l'activité artistique ne trouve-t-elle pas sa source dans une vie intérieure? Et notre vie intérieure ne reçoit- elle pas des leçons de vie lorsque nous passons du temps devant une œuvre de peinture, un ballet, un film? Il arrive que ce soit la prière elle- même qui édifie, sculpte, peint, chante, cisèle et brode. La foi chrétienne accueille le sensible et s’en fait un moyen de rayonner. Trois artistes nous partagent leur expérience sur le lien entre art et vie intérieure.

Regarder les choses visibles et invisibles

Markus Weis
ccn, Berlin, artiste peintre

Mon accompagnateur spirituel m’a dit l’autre jour: ‘‘En tant qu’artiste et peintre, tu as une grande ouverture au monde sensible.  Tu as ouvert toutes grandes les portes au monde visible et au monde des impressions sensorielles“. Il a dit cela sans porter de jugement, ce que j’ai trouvé très beau. D’un point de vue spirituel, on pourrait en effet dire de manière critique qu’un grand attachement au monde et aux sens est lié au fait d’être un artiste, et que les artistes disent oui à cet attachement. Le mot de mon accompagnateur m’a frappé, peut-être parce que je sais aussi que tous les talents qui nous sont donnés en tant qu’êtres humains ont aussi un côté que l’ennemi connaît et qu’il veut utiliser à ses fins.

Il faut être vigilant quand on entre dans le monde de l’art, comme  il faut être vigilant quand on évolue dans le monde. Nous évoluons tous dans le monde. Notre corps est le monde de la chair et du sang, nos sens sont le monde.

« C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et lors même que notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au delà de toute mesure, un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. » 2 Cor 4, 16-18

J’ai étudié les genres classiques de la peinture aux Pays-Bas : portrait, nature morte, intérieur, paysage. Ma peinture est enracinée dans cette tradition du visible. Saint Paul parle de l’homme intérieur et de l’homme extérieur, puis du visible et de l’invisible, et d’une décision la décision de regarder l’invisible. En tant qu’homme comme en tant qu’artiste, on est face à cette décision.

La contemplation de l’art peut être une expérience spirituelle en soi. En s’immergeant dans la beauté et le langage formel d’une œuvre d’art, les gens peuvent se connecter à quelque chose de plus grand et de plus profond. L’art peut être comme une méditation, tant pour l’artiste pendant le processus de création que pour le spectateur lorsqu’il contemple l’œuvre achevée. En se concentrant sur les formes, les couleurs et les textures, l’artiste et le spectateur peuvent tous deux entrer dans un état de pleine conscience. Je crois que la pleine conscience est la porte de la vie spirituelle, par laquelle nous pouvons entrer dans l’espace de l’esprit, l’espace de la prière, l’espace de Dieu. L’art peut aider à entrer dans cet espace.

Mon côté artistique m’a également été transmis par mes parents ils avaient tous les deux le sens des belles images et ils peignaient et dessinaient eux-mêmes. En même temps, j’avais un monde émotionnel intérieur très fort, mais où j’étais plutôt seul, jusqu’à une bonne partie de ma puberté et jusqu’à l’âge adulte. Cette sensibilité un peu extrême était comme une plante qui poussait et grandissait à l’intérieur de moi, cherchant une issue, une forme. En même temps, j’ai perdu le contact avec la Foi et avec Dieu pendant cette période. Commença alors pour moi une longue période de recherche.

Je me souviens encore très bien de ma première année dans la classe de peinture de mes études d’art. La classe avait lieu tous les vendredis et était dirigée par Jaap Wieseman. Pendant un an, ces vendredi – que je ne manquais presque jamais ont bouleversé ma vie. Je me souviens du premier vendredi dans la classe de Jaap. La tâche consistait à dessiner un cercle au charbon de bois, sur un grand format. Dessiner un cercle, comme ça, à main levée, avec de nombreuses corrections et de nouvelles approches, jusqu’à ce que le cercle soit effectivement rond, parfait, comme tracé au compas. La forme simple du cercle se heurtait à l’impatience, à la question de savoir à quoi cela servait, à tous les doutes sur la valeur d’une activité qui devait produire quelque chose d’aussi extrêmement simple et en même temps difficile. Pourquoi passer des heures à peaufiner une ligne ? 

Ce fut le prélude à une année entière d’exercice dans cette discipline. Notre cursus s’appelait « Art libre » et le mot liberté était alors très important et chargé de sens pour nous. Mais l’enseignement de Jaap portait sur tout autre chose : l’apprentissage d’une attitude de don de soi. Au lieu de la liberté, il s’agissait d’abord de se lier, d’entrer en contact. Ne pas se laisser aller, mais s’accrocher, entrer en contact, se lier. 

Cette première année à l’Académie des Arts est devenue pour moi la base de ma vision de l’art. Jaap m’a marqué comme personne d’autre et m’a introduit dans un monde de peinture lié à la mystique et à la vie spirituelle. Bien avant de faire mes premiers Exercices Spirituels (de St Ignace), bien avant de pouvoir réellement associer la profondeur de mes désirs au nom de DIEU, j’ai été en contact avec lui ici.

Cette attitude est proche de la prière. Dans la prière aussi, et surtout au début, quand on apprend à prier, ces questions surgissent : qu’est-ce que je fais ici ? Pourquoi fixer cette icône pendant des heures ? Toutes sortes de pensées apparaissent et s’imposent, des doutes, des obstacles, des peurs. 

Dans la prière, il s’agit de trouver le contact avec le Seigneur.  Si nous avons appris à prier de manière ignatienne, nous essayons de prendre goût à un mot, une phrase, une scène. Nous nous mettons dans une attitude d’attention et essayons de recevoir le message que Dieu nous adresse. Nous commençons ainsi à entrer en dialogue avec lui.

Quand je peins, c’est pareil : j’adopte une attitude, je poursuis un plan précis. Cela peut être une nature morte, un paysage, un portrait ou simplement une série de couleurs et de formes. Dans le cadre de ce plan pour mon tableau, j’essaie de trouver un contact, de me laisser guider. J’essaie de passer de mon activité à une sorte de passivité. J’essaie de recevoir l’action. Dans cette démarche, à la fois passive et active, des tentations apparaissent : la tentation de vouloir être un autre que moi-même, de me comparer, ou d’adopter certains critères extérieurs pour mon travail. La tentation du doute ou de la paresse. Mais si j’arrive ici entièrement à moi-même, j’arrive aussi entièrement à Dieu. Il a un bon plan pour moi. Ma peinture devient alors une louange. Une louange à sa beauté.

Je peux dire que mon professeur Jaap a été mon premier accompagnateur spirituel. Il m’a montré l’univers de Dieu dans un cercle que j’avais dessiné moi-même. Mon accompagnateur spirituel actuel est un prêtre de la Communauté du Chemin Neuf. Il m’aide à comprendre mon âme et à discerner les esprits. L’art et la vie intérieure ne font plus qu’un pour moi. 

Extrait :

« Dans un état de fatigue, lorsque je me sens presque ‘’sans vie’’, intérieurement raidie, je prends un livre ou une poésie que j’aime et je suis prise de l’enthousiasme pour leur beauté. Dans un premier temps peut-être il me sera difficile de réussir à trouver l’enthousiasme la force qui m’est donnée est en effet à peine suffisante pour pouvoir vivre ce contenu, mais tout doucement elle commence à affluer, me pénètre toujours plus et à la fin m’inonde complètement ; la fatigue disparaît et je me sens comme re-née, fraîche et vive, pleine de stimulations pour une nouvelle activité vitale. » 

E. Stein, Causalité psychique

« La beauté, dans son caractère profane, dans la nature comme dans l’art, est portée par quelque chose de plus grand, auquel elle peut nous ouvrir, et déjà nous conduire à sa manière. Les expériences profondes de l’esprit ont déjà le goût, le parfum de l’Esprit. Et l’expérience esthétique nous indique déjà la voie d’une vivification de l’âme par le corps. C’est ainsi que l’on peut envisager, dans l’ordre explicite de la grâce, ‘’une sanctification qui commencerait au niveau du corps et qui, à partir de là, pénétrerait l’âme’’. 

C’est proprement le rôle des sacrements, et notamment de l’Eucharistie, de sanctifier ainsi l’âme par le corps. » 

B. Bouillot, Eveille-toi, mon âme, p. 95.

Danser, un moyen pour prendre soin de ma vie intérieure

Lidwine Biyoudi
ccn, directrice d’école et danseuse, Villeurbanne

Côté danseur

Danser n’est pas qu’une exécution de pas.

Ce n’est pas que bouger en rythme ou sur un rythme. Danser est un mode d’expression, mon mode d’expression.

Mon corps est mon langage. Verbal et non verbal comme le Verbe de Vie.

Elle me fait vivre, espérer, me réjouit, m’attriste. C’est-à-dire que je peux ressentir un grand nombre d’émotions ou faire ressentir toutes ses émotions : joie, colère, tristesse…

La prière c’est cela. Face à Dieu, nous sommes tout cela, nous venons avec tout cela. La danse est vitale pour moi !!!

Je danse pour Le louer: c’est souvent incontrôlable.

J’ai besoin de danser pour exprimer ma reconnaissance au Seigneur, me positionner face à une déception, confier un enjeu. Et un type de danse sort de mon corps.

C’est une inspiration de l’intérieur. La musique, les paroles d’un chant, la parole de Dieu m’aident énormément.

C’est un dialogue, un échange entre ce que je vis sur terre, dans le concret de ma vie et ce qui me nourrit spirituellement. 

Cela s’exprime à travers la danse. Parfois, lors d’une retraite d’Exercices Spirituels selon Saint Ignace de Loyola, il m’arrive de créer une chorégraphie, grâce à l’Esprit Saint. Ou alors, je danse pour prier. 

Ma vie intérieure, c’est-à-dire ma vie avec Jésus, la prière, la méditation, la parole de Dieu, le silence, l’intimité avec le Christ est  nourrie et protégée. J’ai le devoir d’en prendre soin.

Danser est une façon pour moi de prendre soin de ma vie intérieure. 

Côté spectateur

Voir un beau spectacle, un corps qui danse fait du bien à mon âme, me donne envie de créer, d’exulter, de rendre grâce, de pleurer…

C’est toujours tourné vers le Christ au fond.

La danse émeut, elle nous fait nous sentir vivant.

J’aime regarder les autres danser. Chorégraphier, danser soi-même c’est bien, mais c’est encore mieux de regarder les autres.

Quand une autre personne danse, elle exprime un sentiment, un propos et parfois je peux y être hermétique : ne pas comprendre, ne pas être touchée par le geste. Et, de temps en temps, je comprends, je me projette et j’entre dans la proposition de l’autre. Je suis touchée. Touchée par la beauté, la fragilité, la simplicité et même par la technique.

A ce moment-là, je pense aux heures passées à répéter, créer, mettre en scène.

Je vois aussi la rigueur, la joie de se donner, s’exposer.

Je me souviens d’un spectacle de claquettes à Paris, au théâtre du Châtelet, dans lequel les danseurs transpiraient à cause de leurs prouesses techniques et ils étaient joyeux ! 

En tant que spectatrice, j’étais dans l’admiration, l’émerveillement devant tant de technique et tant de joie à la fois ! 

En fait, c’est là que nous basculons dans la vie intérieure, cette intimité, ce rapprochement avec le Créateur : comment est-ce possible de faire telle ou telle chose, de voir une personne à l’aise dans ce qu’elle propose ? Je rends grâce ! c’est un don, un talent qui porte du fruit!

Regarder ou voir les autres danser, surtout les enfants ou mes  élèves est une véritable bénédiction car il y a encore plus d’innocence ou de joie dans cette démonstration de corps dansants. 

Découvrir des enfants avec qui je travaille dans une autre posture, un autre cadre m’ouvre à une autre dimension.

Des comportements difficiles font place à une douceur, une légèreté, une écoute mais surtout une fierté! Méconnaissables !

Je comprends à ce moment que l’être humain n’est pas réductible, et “enfermé “ dans une case.

J’ai une vision plus globale de l’être qui me permet de l’apprécier et de ne pas rester sur le négatif. J’ai un regard transformé, qui fait grandir l’autre.

Par conséquent, je grandis aussi, je me convertis et je vois ce que le tout-Autre peut voir. Mon âme est comblée, rassurée. La liberté qui habite un enfant qui danse est signe du Dieu Vivant : sans complexe, sans attachement au regard des autres !

De même qu’un adulte qui “se lâche” sur une piste de danse ou dans un endroit conventionnel fait du bien aussi à l’âme car il est libre !

Le roi David devant l’Arche de Dieu, les adultes qui « bougent » et/ou dansent lors d’une assemblée de louange alors que d’autres sont plutôt statiques.

Je me réjouis de cette liberté et j’aime penser que le Seigneur nous aime comme cela aussi : AUDACIEUX! La danse est une louange ; elle me permet de prier quand je la pratique ou quand je la regarde. Je me rapproche du Très Haut.

Un temps trop long sans danser m’est tout simplement difficile : c’est mon mode de communication avec lui, les autres.

Danser c’est VIVRE !   

Au-delà des sons

Véronique Wilmart
pianiste

J’ai commencé le piano très tôt, à l’âge de quatre ans et demi. 

Vers l’âge de six ans, mon premier bonheur fut de m’apercevoir que j’étais capable de reconnaître et nommer tous les sons que j’entendais. L

es notes du piano, les chansons à la radio, les cloches, un choc sur un verre, un monde infini de sensations s’ouvrait à moi.

Quelle joie de pouvoir chanter à tue-tête et mettre des noms de notes sur tous les sons ! Mon frère ne me croyait pas.

Alors, je me tenais dos au piano, Renaud jouait des notes en passant du suraigu au plus grave et de plus en plus vite. On riait beaucoup, c’était notre jeu préféré.

Bien sûr, je reconnaissais toutes les notes. J’ai sans doute eu le meilleur entraînement à l’oreille musicale qui soit dès le plus jeune âge. J’ai l’oreille absolue.

A 7 ans, j’ai déclaré solennellement : « La musique sera mon métier et je ne changerai jamais d’avis ». J’ai tenu parole. 

Mon deuxième bonheur fut lorsque j’ai débuté les cours d’harmonie, de contrepoint et d’analyse.  Je pouvais enfin comprendre à quoi servaient tous ces accords, entrer dans l’intimité du son, essayer de comprendre la magie d’une mélodie, comment, en changeant les notes d’un accord, on peut changer le caractère d’une mélodie.

La musique ne me quitte jamais, je pense musique, je joue, j’écoute, je compose… J’ai en permanence des ritournelles dans la tête.

Lorsque j’écoute une symphonie, je peux tout entendre : les notes, les accords, les tonalités, les instruments, les rythmes, je vois la partition d’orchestre défiler dans ma tête, je suis enivrée. C’est un plaisir indescriptible. 

J’aime répéter à l’infini le passage difficile d’un morceau jusqu’à pénétrer dans le son. C’est comme une méditation.

Ma fascination pour J.S. Bach a débuté très tôt, dès que j’ai pu jouer les inventions à trois voix. J’écoute la passion selon St-Jean à chaque fois que j’ai un coup dur, c’est mon meilleur remède à la mélancolie. 

La musique ne me quitte jamais, je pense musique,
je joue, j’écoute, je compose…

A l’âge de 12 ans, je suis allée écouter la passion selon Saint Matthieu un dimanche après-midi. L’intensité dramatique, la solennité des chants m’ont touchée si profondément que je m’en souviens comme si c’était hier. Je fus submergée par l’émotion devant tant de beauté. Je découvrais un autre Jean-Sébastien Bach, je ne connaissais alors que les pièces pour piano et les concertos brandebourgeois. Plus tard, j’ai étudié les pièces pour orgue de l’Orgelbüchlein de Bach en classe de contrepoint.

Ces pièces pour orgue ne m’ont jamais quittée, je les ai lues, relues, analysées et chantées tant de fois, je les connais par cœur. J’ai longtemps rêvé de pouvoir les jouer. Mais c’est impossible au piano car il y a une voix à chaque main et une troisième voix au pédalier.  Alors je me suis mise à l’orgue, mais très tard. J’ai pleuré de bonheur lorsque j’ai enfin pu jouer un premier choral de l’Orgelbüchlein, après avoir répété avec acharnement le pédalier. 

Comment décrire la sensation de plénitude quand le son de l’orgue m’enveloppe à la tribune de l’abbatiale de Rouen, où j’ai eu le bonheur de jouer ?

Je fais partie du son, c’est d’une intensité sans pareille, je touche le merveilleux.

Ma vie de compositrice

J’ai longtemps été fascinée par les génériques de France Musique et France Culture.

J’y entendais des sons inouïs. J’ai appris plus tard que les grands compositeurs de musique électroacoustique avaient composé la plupart de ces musiques qui me faisaient entrevoir un monde sonore incroyable et inédit. 

J’ai commencé à enregistrer des sons, à les transformer, les ralentir, les mettre en boucle. Un monde passionnant s’est ouvert à moi. 

Quand je travaille dans mon studio, je m’immerge dans les sons, je les répète en boucle jusqu’à trouver comment les sculpter. Je suis captivée par la richesse et la diversité des sons qui m’entourent.

Des bruits du quotidien aux textures sonores plus abstraites. 

J’aime explorer de nouvelles manières de composer avec ses possibilités illimitées. Je capture, déconstruis et recombine les sons qui deviennent musique.

Imiter la spatialisation d’une forêt quand les craquements, chants d’oiseaux proches et lointains, insectes se déplaçant forment un monde sonore en 3D.

Un concert électroacoustique, une cantate de Bach, une symphonie de Mahler, un opéra de Mozart, j’ai besoin de toute cette diversité pour vivre.
J’ai besoin de faire partager cette passion, c’est vital.

Mon petit-fils Oscar, 6 ans, partage avec moi l’amour de la musique. Il a une incroyable facilité à écouter, chanter et comprendre la musique.

Depuis l’âge de trois ans, il est totalement passionné par tout ce que je lui fais découvrir. Il adore les timbales, son grand plaisir est de jouer avec des baguettes sur une chaise la partie de percussion de « Ma mère l’Oye » de Ravel.

Le voir attendre avec délectation le grand crescendo de la fin du morceau où enfin il pourra jouer les timbales fortissimo m’émeut au plus haut point.

Il connaît aussi par cœur le « Sacre du printemps » de Stravinsky et tant d’autres œuvres. Il écoute attentivement la totalité d’une symphonie et reconnaît bien évidemment tous les instruments. Cette complicité est ma récompense et mon bonheur.

Une maladie me prive de la joie de jouer du piano et de l’orgue depuis quelques années, cela ne m’empêche pas de partager mes connaissances et mon amour pour la musique.

Malgré les défis que cette maladie peut me poser, je reste malgré tout connectée à ma passion qui illumine tant de moments.

La musique demeure une part essentielle de mon être et de mon identité et je garde en moi tous ces précieux souvenirs de ma carrière passée.

Cet article fait partie du numéro 81 de la revue FOI

Vie intérieure

juin-juillet-août 2024

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