Anne-Cathy Graber

ccn, pasteur, docteur en théologie,Chaire de théologie oecuménique du Centre Sèvres-Facultés jésuites de Paris.

Michel Fédou

SJ, responsable du Département d’études patristiques et co-titulaire de la Chaire de théologie œcuménique du Centre Sèvres-Facultés jésuites de Paris

Quand les Eglises racontent leur histoire

La mémoire au service de la réconciliation

Lors de la conférence d’ouverture de la Chaire de théologie œcuménique au Centre Sèvres de Paris, M. Fédou et A. Cathy Graber ont voulu souligner l’importance d’une relecture commune de leur histoire pour avancer vers la réconciliation entre les Eglises. Comment ces deux évènements_ la réconciliation entre mennonites et luthériens, en juillet 2010, et la célébration de Lund, en octobre 2016, ont-ils été rendus possibles et quels fruits ont-ils porté pour le dialogue entre ces différentes Eglises, mais aussi avec d’autres, le premier évènement ouvrant la voie au second ? Pour ces deux théologiens « œcuméniques », l’acte de faire mémoire ensemble est déjà promesse de la pleine communion.

Anne-Cathy Graber

Un événement historique eut lieu le 22 juillet 2010 à Stuttgart, lors du rassemblement de la
Fédération luthérienne mondiale (FLM). Les délégués de 22 millions de luthériens dans le monde ont
officiellement demandé pardon aux mennonites pour les persécutions qu’ils ont subies au XVIe siècle.
L’aboutissement d’un dialogue commencé en 2002, lui-même provoqué par un précédent évènement.

Il y eut un événement déclencheur. En 1980, la Fédération Luthérienne Mondiale souhaita commémorer les 450 ans de la Confession d’Augsbourg, confession de foi, écrit symbolique, structurant la foi luthérienne. A cette occasion, elle invita fraternellement l’Eglise mennonite, laquelle souhaitait répondre positivement tout en partageant son questionnement : comment pouvait-elle pour sa part honorer un tel document ? En effet, à la fin de chaque article de cette confession luthérienne, sont condamnés (« déclarés anathèmes ») les anabaptistes et leur doctrine. Autrement dit, cette célébration de la Confession d’Augsbourg en 1980 faisait remonter à la mémoire des mennonites le rejet et les persécutions officielles dont leurs ancêtres avaient été victimes et leurs conséquences concrètes dans l’histoire. A cette époque bouillonnante du 16e, était qualifié d’anabaptiste tout révolutionnaire, extrémiste… auxquels les mennonites ont été ensuite indûment associés.

Il est peut-être nécessaire de faire un bref détour pour présenter cette tradition. Le terme « anabaptiste » au 16e siècle est un mot péjoratif à l´origine, signifiant « rebaptiseur ». Les anabaptistes (ou leurs héritiers, les évangéliques mennonites) insistent sur ce qu’ils nomment le « baptême des croyants », c’est-à-dire un baptême après confession de foi explicite, ce qui signifie qu’il est impossible de baptiser un nourrisson. Ne peuvent être membres de l’Eglise que celles et ceux qui ont confessé leur foi publiquement, d’où l’appellation « église de professant ou de confessant ». Cette tradition met l’accent également sur la Nachfolge Christi (la suite du Christ), le changement de vie, avec notamment le choix de la non-violence comme signe des moyens autres que l’Evangile nous demande d’employer. Par ailleurs, les mennonites ont été les premiers défenseurs de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. On peut les considérer comme les précurseurs des églises évangéliques. La persécution à leur endroit fut massive, que ce soit du côté luthérien ou catholique. Ce n’est pas tant le souvenir des persécutions qui a été entretenu dans la tradition mennonite, que l’enseignement de la non-violence évangélique dont témoignent l’histoire de leurs martyres, histoire transmise jusqu’à ce jour.

Dès lors, l’on comprend mieux pourquoi l’invitation d’honorer la Confession d’Augsbourg en 1980 a rencontré des sentiments mitigés. La Fédération Luthérienne Mondiale a entendu avec beaucoup de bienveillance les hésitations et les questions posées par les mennonites. Un processus de dialogue s’est alors mis en place, tout d’abord à des niveaux régionaux et nationaux, puis, en 2002, au niveau international. Une avancée importante eut lieu lorsque cette commission prit conscience que les différences théologiques qui persistent entre nos deux traditions ne pourraient pas être étudiées honnêtement et fructueusement sans que l’héritage des persécutions ne soit directement affronté. Elle découvrit alors qu’il n’y avait pas de récit commun des événements cruciaux du seizième siècle. La commission se donna pour objectif d’approcher le plus possible du « souvenir juste »1 (« right remembering »). Qu’est-ce que cela signifiait ? Il s’agissait de relire l’histoire de la Réformation de telle manière que chacun puisse se reconnaître dans cette narration. La commission d’étude précisa alors que cela suppose « un engagement à ce que ma propre histoire puisse être jugée par le drame plus large du mouvement de Dieu dans l’histoire2 ».

La commission d’étude souligne qu’il s’agit, en fait, tant du côté luthérien que mennonite, d’être prêt à questionner ce qui fait notre identité même, notre piété, la façon dont nous nous comprenons.

La difficulté de la tâche a été soulignée dès le début du travail de relecture commune. La commission d’étude souligne qu’il s’agit, en fait, tant du côté luthérien que mennonite, d’être prêt à questionner ce qui fait notre identité même, notre piété, la façon dont nous nous comprenons. Concrètement pour les luthériens, le témoignage de la Confession d’Augsbourg fait autorité, et façonne, en quelque sorte, leur identité. Pour les mennonites, le témoignage des martyrs anabaptistes est une histoire vivante et vitale, car elle enseigne l’amour de l’ennemi, et façonne elle aussi notre identité même.

La question que nous nous sommes adressée mutuellement a été la suivante : comment pouvez-vous vous distancier des condamnations et de leurs conséquences (pour les luthériens), ou de l’histoire des martyrs (pour les mennonites), en continuant à honorer votre histoire et votre identité ?

Cette question nous ramène directement au 22 juillet 2010 à Stuttgart et à mon interrogation initiale : « Pourquoi avoir accordé autant d’importance à un événement qui concerne une tradition ecclésiale si peu connue (et, il faut le dire) si petite numériquement ? » Rowan William, archevêque de Cantorbéry, affirma qu’il s’agissait ici de manifester que la rupture ou le manque de communion, comme le processus de restauration de celle-ci, affecte tout le corps ecclésial. En ce sens, il a été clairement dit que cette démarche « n’est pas bon[ne] seulement pour les luthériens et les mennonites. La souffrance de notre séparation n’a pas été supportée seulement par nous ; elle est une blessure pour tout le Corps du Christ. De même, la réconciliation entre luthériens et anabaptistes-mennonites est une guérison pour tout le Corps »3.

La réécriture commune de l’histoire et le choix d’une démarche liturgique de repentance ont fait l’objet de vote des délégués luthériens après un long processus synodal. Ce vote final a eu lieu le 22 juillet 2010 et il est apparu combien la démarche rationnelle, intellectuelle (ici de type historique et théologique) n’était en rien séparée de la démarche liturgique, et vice-versa. En effet, il y a eu un va-et-vient constant entre les textes, les débats ecclésiaux, les votes et la prière. Cette histoire aurait pu rester européocentrée. Or ce ne fut pas le cas, en particulier grâce à deux chevilles ouvrières de ce processus, deux zimbabwéens, qui ont accepté de « prendre en charge » et d’assumer ce passé de divisions si typiquement européen. Ishmael Noko, alors secrétaire général de la Fédération Luthérienne Mondiale, introduit le vote final en comparant la division ecclésiale à un poison qui certes peut rester silencieux, mais frapper à tout moment. Je le cite : « J’ai décrit l’histoire de ces condamnations comme le poison qu’un scorpion transporte sur sa queue. Nous n’avons pas frappé avec ce poison pendant un certain temps –mais nous le portons encore dans notre système. Nous sommes maintenant sur une route qui va nous conduire à expulser ce poison de notre corps, qui va nous permettre de vivre ensemble avec vous, nos sœurs et frères en Christ, de façon nouvelle. »4 Ishmaël Noko aura cette expression, lors d’un aparté : « Il fallait bien que les fils et filles héritiers soient libres ! » De fait, l’Europe, ayant si « bien » exporté ses divisions, avait besoin de l’Afrique pour cette célébration de repentance et de réconciliation. Au cours de cette célébration, des paroles de repentance et de pardon furent alors adressées entre luthériens et mennonites. Je n’en retiendrai ici que quelques extraits significatifs : Les luthériens ont confessé qu’en voulant défendre l’Evangile, les Réformateurs (tels Luther, Melanchthon,…) ont eu recours à des stratégies qui étaient en totale contradiction avec ce même Evangile. Ils demandèrent pardon de n’avoir pas compris « que le pouvoir cherche à se défendre lui-même, […] d’avoir trop facilement accepté que la violence soit mise au service de l’ordre5 et [d’avoir] oublié ce que cela a coûté aux personnes qui en ont souffert »6. Ils regrettèrent aussi « tous les portraits peu appropriés, trompeurs et blessants des anabaptistes et des mennonites dus à des auteurs luthériens, dans des publications populaires et universitaires, jusqu’à l’époque actuelle7 ».

Les mennonites, quant à eux, ont confessé avoir « […] parfois revendiqué la tradition du martyre comme un signe de supériorité chrétienne »8 ce qui a inévitablement conduit à entretenir « une identité enracinée dans la victimisation ». Ceci a favorisé « un esprit d’autosatisfaction et d’arrogance et les a rendus aveugles aux faiblesses et aux échecs qui sont aussi une trame profonde de leur tradition »9. De plus, les mennonites reconnurent « avoir réduit considérablement l’apport théologique (voire déformé l’enseignement théologique) des Réformateurs en raison de leurs actes »10.

Ces paroles ont été suivies d’un geste d’onction d’huile symbolisant la guérison et le pardon, geste accompagné des paroles en Ezéchiel 36, 26 : « Que Dieu te donne un cœur neuf et un esprit nouveau ». Initié par les responsables luthériens et mennonites, ce geste a ensuite été partagé par chaque participant. Cette démarche de demande de pardon et cette promesse d’un esprit nouveau a ouvert la voie à des possibilités ecclésiales et œcuméniques inédites, qui nous ont placés en situation de responsabilité dans le monde. Tel était aussi le témoignage que voulait rendre cette célébration de réconciliation. En effet, elle s’est conclue par des témoignages à deux voix, luthéromennonites (d’Allemagne, du Canada, de Colombie, du continent africain,…), qui attestaient de la volonté d’envisager l’avenir ensemble, sous le signe de la diaconie, en coopérant concrètement ensemble dans une même mission pour la justice et la paix. On songe alors immédiatement à la promesse du livre d’Ésaïe (Es 2, 4) : « De leurs épées ils forgeront des socs […] et l’on n’apprendra plus la guerre ». Il ne s’agit pas d’une substitution du soc de charrue à l’épée, mais d’une transformation : l’arme qui a le pouvoir de blesser et de donner la mort est celle qui peut devenir l’instrument qui donne la vie. Tel est le retournement que rend possible l’Évangile et que voulait signifier cet engagement commun à la diaconie.

Ce long travail d’anamnèse commune, avec une célébration explicite de demande de pardon, a rendu possible un dialogue théologique trilatéral : non seulement entre mennonites et luthériens, mais aussi en intégrant les catholiques.

Michel Fédou

En tant que membre de la Commission luthéro-catholique romaine sur l’unité (de 2009 à 2019), M. Fédou a participé à l’élaboration du cinq-centième anniversaire des origines de la Réforme, inauguré par une célébration œcuménique à Lund, en Suède, le 31 octobre 2016. L’événement était de grande portée : quelque 500 ans après la rupture entre luthériens et catholiques, une célébration était coprésidée par le président de la Fédération luthérienne et par l’évêque de Rome, tous deux côte à côte, et vêtus de la même manière avec leur aube blanche et leur étole rouge.

Or un tel événement avait été rendu possible, entre autres, par une expérience qui avait été vécue les années précédentes dans le cadre de la Commission internationale de dialogue entre luthériens et catholiques. Cette commission, composée d’une vingtaine de membres originaires de différents pays, et dont j’ai eu la chance de faire moi-même partie, avait reçu en 2009 la mission de préparer un document en vue de la commémoration de 2017. La commission s’est donc mise au travail et a abouti en 2013 au document Du conflit à la communion11.

Il est apparu très vite que, pour avancer vers une réconciliation entre catholiques et luthériens, il fallait prendre le temps de relire ensemble le passé – tout au moins quelques décennies de ce passé, celles où avait pris naissance la séparation entre luthériens et catholiques. Cette relecture a donc été faite, et c’est ce qui a donné lieu au chapitre III du document, intitulé « Esquisse historique de la Réforme luthérienne et de la réaction catholique ». Bien entendu, le document contient aussi d’autres développements, en particulier un long développement (au chapitre IV) sur la manière dont on peut aujourd’hui évaluer les principaux thèmes de la doctrine luthérienne. Mais la lecture commune du passé est à bien des égards ce qui a rendu possible tout le reste : c’est parce que nous nous sommes entendus sur ce récit des origines et parce que nous avons pu le raconter ensemble que nous avons pu aussi avancer sur d’autres points et formuler, au terme, des convictions communes en vue de la réconciliation ecclésiale.

Si nous avons été en mesure de relire ainsi notre histoire, c’est entre autres parce que nous bénéficions désormais de travaux historiques qui, depuis une cinquantaine d’années, ont donné une image plus juste de la période médiévale et des origines de la Réforme. Ces travaux ont aidé à corriger les caricatures qui avaient été souvent répandues durant l’époque moderne (caricatures du côté catholique, lorsqu’on présentait Luther comme un « moine apostat » et un « destructeur de la chrétienté » ; caricatures du côté protestant, lorsqu’on dénonçait unilatéralement le comportement des papes et que l’on déformait la théologie de la soi-disant « Contre-Réforme » telle qu’elle s’était exprimée lors du Concile de Trente). Positivement, ces travaux historiques ont permis de replacer les positions de Luther et de ses adversaires dans leurs véritables contextes, de découvrir qu’elles s’expliquaient en partie par la situation de l’Église à la fin du Moyen Âge et au début du 16e siècle, que sur le fond elles n’étaient pas aussi incompatibles qu’on l’avait souvent cru, et que, dans une large mesure au moins, leurs divergences tenaient surtout à des modes de penser différents – ou comme on dit en allemand des « Denkformen » différentes –, les luthériens étant attachés à un langage d’abord existentiel, tandis que les catholiques reprenaient plutôt à leur compte un langage ontologique fort tributaire de la scolastique médiévale.

Mais tous ces travaux, si importants qu’ils fussent, étaient avant tout élaborés par des historiens dans le cadre de leurs recherches académiques. Celles-ci pouvaient être assurément marquées par une intention œcuménique ; mais sauf exception elles n’étaient pas pour autant passées par l’expérience concrète du dialogue entre luthériens et catholiques. Or c’est une telle expérience qui a été vécue dans le cadre de la commission internationale. Nous ne nous sommes pas seulement informés de ce que disaient des historiens sur les origines de la Réforme, nous avons voulu en écrire nous-mêmes le récit : que s’est-il exactement passé en 1517 et dans les années suivantes ? comment les relations entre Luther et ses adversaires se sont-elles durcies ? qu’est-ce qui a été tenté pour mettre fin au désaccord, et pourquoi ces tentatives n’ont-elles pas abouti ? Comment en est-on venu à la Confession d’Augsbourg, puis, du côté catholique, au Concile de Trente ? Ce récit est inévitablement succinct, mais il existe néanmoins. Et je souligne surtout qu’il s’agit d’un récit commun. La chose n’allait pas de soi. Nous aurions pu imaginer que le texte se décompose en deux parties : il y aurait eu d’abord un regard luthérien sur les origines de la Réforme, puis un regard catholique sur les mêmes origines. Il aurait pu en être ainsi, mais nous avons finalement opté pour un récit commun. Raconter d’une même voix l’histoire de ces années pendant lesquelles s’est creusée la distance entre luthériens et catholiques, ce n’était pas seulement recueillir les fruits des travaux effectués par des historiens depuis quelques décennies, c’était déjà vivre entre nous une expérience de réconciliation. Non sans débats, certes – l’expérience a été parfois une épreuve. Mais les désaccords ont été surmontés, nous avons pu signer ensemble une lecture commune de l’histoire qui fut à l’origine de la division entre luthériens et catholiques, et cela même contribuait déjà, en soi, au dépassement de cette division.

On pourrait objecter : n’y avait-il pas le risque de déformer quelque peu l’histoire des origines – non plus certes (comme cela s’était souvent fait à l’époque moderne) en donnant des images caricaturales de la réforme luthérienne ou de la réaction catholique, mais au contraire en donnant une image édulcorée du passé et en projetant indûment sur le 16e siècle nos préoccupations œcuméniques du temps présent ? Le document Du conflit à la communion écarte cependant ce risque :

« Ce qui est advenu dans le passé ne peut être changé ; mais ce dont on se souvient de ce passé et la façon dont on transmet ce souvenir peuvent, au cours du temps, se modifier. Le souvenir rend le passé présent. Si le passé lui-même ne peut être altéré, l’empreinte du passé dans le présent le peut. Dans l’optique de 2017, il ne s’agit pas de raconter une histoire différente, mais de la raconter d’une manière différente » (Du conflit à la communion, § 16).

Il n’y avait donc pas à édulcorer le passé, et nous avons au contraire rappelé les incompréhensions et même les violences qui l’ont marqué – en montrant d’ailleurs qu’elles ne pouvaient pas être reprochées unilatéralement aux uns plutôt qu’aux autres, mais que les responsabilités étaient en fait beaucoup plus partagées qu’on ne l’a souvent dit. Il n’y avait pas à édulcorer le passé, mais l’enjeu était par contre de le raconter ensemble en étant mus, les uns et les autres, par le désir commun de la réconciliation ecclésiale. L’histoire racontée n’était pas une histoire différente de celle à laquelle la science historique donnait accès, mais elle était racontée « d’une manière différente » du simple fait qu’elle était lue à partir d’un point de vue nouveau : celui de la communion espérée. C’est ce désir de l’unité ecclésiale qui, rétrospectivement, permettait de voir autrement les événements du 16e siècle : il inspirait de reconnaître avec douleur tout ce qui, dans ces événements, avait suscité ou favorisé la division, il rendait aussi attentif aux tentatives de réconciliation qui, malgré tout, avaient vu le jour dans cette période même, il permettait enfin d’identifier comme des lieux de bifurcation, c’est-à-dire des situations où il aurait été possible d’empêcher la division – ce qui n’avait pas été fait à l’époque mais qui, de soi, aurait pu l’être ; la lecture commune du passé aidait par là même à ouvrir ou rouvrir des possibilités de réconciliation qui, bien que fermées à l’époque, étaient de nouveau envisageables en notre propre temps.

Nous ne nous doutions pas, lorsque nous avons écrit le document Du conflit à la communion, qu’il servirait de base à la célébration œcuménique de Lund le 31 octobre 2016. S’il en a été ainsi, c’est notamment à cause des cinq « impératifs œcuméniques » sur lesquels s’achève ce document et qui ont eu un grand impact ; mais ce qui a rendu possible cette finale du document, c’est dans une large mesure l’expérience qui avait été faite de relire d’une même voix les origines de la Réforme luthérienne et de la réaction catholique à cette Réforme.

[1] Right Remenbering.
[2] John Roth, « Mennonites and Lutherans Re-Remembering the Past », Lutheran Forum 44/1, 2010, p. 40.
[3] Fédération Luthérienne Mondiale–Conference Mennonite Mondiale, Guérir les mémoires : se réconcilier en Christ, Rapport de la Commission internationale d’études Luthéro- Mennonite, Genève-Strasbourg, FLM-CMM, 2010, p. 8-9. http://www.flm-assemblee.org/uploads/media/Rapport_Commission_etudes_Luthero-Mennonite.pdf Voir aussi : Larry Miller, « Construire ensemble un récit et une liturgie de réconciliation. L’expérience luthérienne et mennonite », Unité Chrétienne 171, juillet 2013, p. 14-17.
[4] p. 7.
[5] Livret de célébration du 22 juillet 2010, non publié.
[6] Ibid., non publié.
[7] Guérir les mémoires, p. 110.
[8] Ibid., p. 110.
[9] Ibid., p. 110.
[10] Ibid.
[11] Du conflit à la communion. Commémoration commune catholique – luthérienne de la Réforme en 2017, éd. Olivétan, Lyon, 2014.

Cet article fait partie du numéro 62 de la revue FOI

Irénée de Lyon, artisan de paix et d’unité

septembre-octobre-novembre 2019

Oecuménisme  

Ces articles peuvent aussi vous intéresser…

 

Nativité trio

Marina Poydenot

Nativités Trio (sortie 17 décembre 2022), ce sont trois multi-instrumentistes au service d’un répertoire de folk-poésie qui chante les tendres et mystiques mystères de la vie. Marina Poydenot, Romain Feron et Ferenc Virag se sont rencontrés dans la Communauté du Chemin Neuf et se sont assoc...

Rabbin à Marseille

L’autre אחר

Haim Bendao

Né d’un père égyptien et d’une mère tunisienne, Haïm Bendao a eu un parcours aux rencontres multiples, le formant à la rencontre de l’autre. Aujourd’hui, Rabbin dans le 14ème arrondissement de Marseille, Haïm Bendao participe, avec toute une série d’actions sociales, mais aussi in...