1 septembre 2021

Temoignage : Margerite Barankitse

« L’amour plus fort que la haine »

« Dieu nous a promis qu’il ne nous abandonnera pas, il sera avec nous jusqu’à la fin des temps. »

Née au Burundi dans la province de Ruyigi, Marguerite Barankitse est connue par son surnom, Maggy. Enseignante de formation, son rêve est de former une génération qui s’engage pour transformer le monde.

Le 24 octobre 1993, la guerre éclate au Burundi, la violence domine le pays. A Ruyigi, Maggy assiste au massacre de soixante-douze parents. Face à cette violence, dont il est difficile de se remettre, elle décide de prendre soin des trente-deux orphelins. Désormais, elle donnera sa vie au service d’une nouvelle génération qui pourra casser ces cycles de violence entre Hutus et Tutsis. Elle veut transmettre le commandement de l’amour : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15, 12). Cet acte d’amour devient le pont qui unifie tous les enfants. « Une fois, un journaliste a posé une question à un petit enfant de la maison Shalom : ‘’ Quelle est ton ethnie ?’’. Dieudonné a regardé le journaliste, puis a répondu : ‘’Ici, nous avons une seule ethnie. Nous sommes ‘’Hutsitwacongozungu’’, ce qui veut dire Hutu, Tutsi, Twa, Congolais, Muzungu(blanc). » se rappelle Maggy.

Dès le début, les enfants de la maison Shalom ont été encouragés à dire ce qu’ils avaient sur le coeur afin de briser le silence et commencer une nouvelle histoire dans une maison de paix. « Les enfants ont eux-mêmes appelé cette maison la maison Shalom, et ces enfants ont été transformés par le Seigneur. Dieu est amour, et nous savons que personne ne peut arrêter l’amour. » dit Maggy.

Pour Maggy, la haine basée sur l’ignorance est un danger pour un peuple. D’où la création en 2002 d’une première salle de cinéma à Ruyigi, d’une bibliothèque pour que les enfants aient une fenêtre sur le monde et d’une piscine pour la détente. « Notre vocation est celle de briser le silence de l’indifférence et de porter un message d’amour et de paix dans le monde », affirme Maggy. Aujourd’hui, celle-ci continue sa mission dans un camp de réfugiés à Mahama au Sud-Est du Rwanda, dans l’espoir qu’une génération repartira au Burundi sans haine, pour être des acteurs de paix et d’unité pour le pays.

Cet article fait partie du numéro 70 de la revue FOI

Mémoire et identité

septembre-octobre-novembre 2021

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