Marc Nouschi

Historien spécialiste du monde contemporain, diplomate et hautfonctionnaire au ministère de la Culture

Les crises, moteurs de l’identité européenne

Le raisonnement par analogie n'a pas, en France, le prestige de celui dit cartésien et pourtant, il permet d'éclairer un avenir aussi difficile à décrypter que l'envol d'une chouette au crépuscule, métaphore développée par Hegel pour décrire le mouvement de l'histoire.

Les véritables "pères" de l'Europe sont moins Jean Monet, Paul-Henri Spaak, Alcide de Gasperi, Konrad Adenauer que Nikita Serguieï Khrouchtchev, Gamal Abdel Nasser et, depuis le 24 février dernier, Vladimir Poutine! Sans le cri des insurgés de Bude et de Pest, - "Europe, nous mourons pour toi" - écrasés par les chars de l'armée Rouge en 1956, sans l'échec franco-britannique de la politique de la canonnière du côté de Suez toujours en 1956, pas de traités de Rome, signés un an plus tard par les Six, créant la Communauté économique européenne et l'Euratom, une Europe de l'énergie atomique. C'est en effet la peur du "Rouge" combinée à celle du déclassement dans l'ordre des nations qui conduit au sursaut européen en 1957, un défi qui dans l'Hexagone, transcende le changement de République puisque, à la grande surprise des Europhiles, le général de Gaulle, fondateur de la Ve République, ne remet pas en cause les choix européens de la IVe moribonde.

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Cet article fait partie du numéro 73 de la revue FOI

La guerre et la paix

Juin-juillet-août 2022