Les pauvres sont l’Eglise

Joseph Wresinski, Cerf, 2011

Dans une quinzaine d'entretiens, initialement publiés en 1983, le journaliste G. Anouil interroge le Père J. Wresinski (1917-1988), fondateur du Mouvement ATD Quart Monde. Glanons-y, au fil des pages, quelques suggestions.

Là où tout le monde voyait des cas sociaux, le Mouvement a découvert un peuple, un peuple de misère, composé essentiellement de familles, réunies en raison d’une souffrance qui les enferme et qui les humilie… L’Église n’est pas une solidarité, elle est la souffrance des hommes… La grâce, c’est l’amour qui veut l’autre égal… Comment savoir si l’engagement syndical ou politique est le juste reflet de l’amour voué au Seigneur?… L’Église s’est structurée d’une certaine manière; avoir exclu tout rapport direct de charité a été une erreur fondamentale… Les pauvres ne sont pas un objet de combat, mais des combattants, maîtres de leur cause… Les travailleurs sous-prolétaires n’ont qu’une aspiration: être reconnus comme ouvriers. Ils ont besoin d’une honorabilité ‘collective’: être quelqu’un ensemble; le monde ouvrier organisé ne s’en rend pas compte… Leur drame est d’avoir toujours à compter sur la bienveillance: tous leurs droits fondamentaux, tant économiques (logement, allocations familiales, chômage) que sociaux et culturels, sont systématiquement lésés… Ils ne sont pas coupables d’une misère que l’histoire leur a léguée… Cessons de penser à leur place, obtenons pour eux les moyens de parler pour eux-mêmes et reconnaissons leur droit à la dignité d’être utiles… Les ‘libérateurs’ qui considèrent la révolution comme inévitable ont-ils pris tous les moyens pour convaincre autrement les possédants?… Le Quart-monde a un besoin angoissant d’hommes et de femmes entièrement consacrés. À lire. – P. Detienne sj

Cet article fait partie du numéro 79 de la revue FOI

PAUVRETE ET VULNERABILITE

décembre 2023-janvier-février 2024