Aude Despert

ccn, enseignante à Lyon.

Le Congrès Mission, un rendez-vous annuel devenu incontournable

L’expérience multiforme de l’évangélisation

Comment proposer la foi en paroisse ? Quand on est éducateur ? Dans ses engagements sociétaux ? Dans l’espace public ? Dans le couple ? Depuis 2015, le Congrès Mission réunit le temps d’un week-end les catholiques de France pour les faire réfléchir ensemble à l’évangélisation et leur donner les moyens concrets de proposer la foi dans leurs familles, à leur travail, sur internet, dans l’espace public… L’intuition du Congrès Mission repose sur la conviction qu’il est nécessaire et urgent que les catholiques proposent la foi autour d’eux et qu’ils ont besoin d’être formés pour cela. Dans cette perspective, plusieurs mouvements et communautés, accueillis et soutenus par le diocèse de Paris, ont uni leurs forces pour organiser un grand événement : l’occasion d’échanger et de se former sur diverses manières de proposer la foi dans de nombreux contextes de leur vie quotidienne.

Vous venez à Congrès Mission pour la deuxième fois.

La Communauté vous a demandé d’animer un atelier pour parler sur la guérison. Il y en a 150 cette année. Vous en animerez trois avec Marc.

L’année dernière, vous avez participé à un atelier sur le thème : « Comment évangéliser quand on travaille dans l’enseignement public ? ». Ça tombe bien, car vous travaillez dans l’enseignement public, et c’est une question qui, forcément, vous habite. Finalement vous êtes sortie de l’atelier avec un truc dont vous n’aviez jamais entendu parler mais qui vous semble à présent une évidence : un Jéricho. Il ne s’agit pas d’une session pour jeunes organisée par une certaine communauté. Non. Il s’agit d’un mode d’intercession, d’une mobilisation spirituelle et concrète, Il s’agit de faire tomber des murailles ! La personne qui anime l’atelier donne un petit témoignage personnel : après avoir passé un week-end de préparation avec quelques amis, il a fait sept fois le tour de son école, en priant, en intercédant, pour que ce lieu soit habité par l’Esprit Saint, pour que les barrières qui empêchent d’annoncer l’amour de Dieu tombent

Au septième tour, ils ont fait résonner les trompettes à leur manière : en chantant plus fort, en proclamant le nom de Jésus. Et le lundi, quand cet enseignant est arrivé dans la cour de l’école, trente gamins sont arrivés autour de lui pour lui demander de leur parler de l’amour de Dieu. Alors, forcément, cette année, vous êtes assez curieuse de voir ce que le Seigneur a choisi de vous faire comme cadeau. Parce que ce Jéricho, c’est assez formidable tout de même !

C’est samedi matin, vous arrivez à 9h50, la première conférence à laquelle vous assisterez commence dans 10 minutes et on vous met un bracelet autour du poignet après avoir scanné votre billet d’inscription sur votre smartphone. Vous ne connaissez pas bien Paris, mais de toutes manières en sortant à la bonne sortie de métro vous n’auriez pas pu vous perdre, il y a un flot continu de personnes affublées de sacs oranges bien voyants : le signe de ralliement de Congrès Mission. La conférence est en fait une table ronde, animée par trois intervenants, dans un amphi accueillant 300 personnes environ. Le court exposé de chaque intervenant sera suivi de réactions, d’interpellations, de questions, de témoignages des auditeurs. L’assemblée est de tous âges. Ça fait du bien de voir des jeunes.

La table ronde terminée, vous suivez de nouveau le flot qui vous conduit à la messe à St Sulpice. Vous ne voyez rien car vous êtes derrière un (énorme) pilier, et que les téléviseurs sont encore en rodage, semble-t-il, mais ce n’est pas grave. Vous voyez au loin la procession interminable (au sens positif du terme !) des prêtres et des évêques. À la fin de la messe, l’organisateur du Congrès leur propose d’aller dans les allées pour que l’assemblée prie pour eux. C’est simple et magnifique. Ça fait du bien de prier pour ces hommes, qui, pour beaucoup, ne doivent pas bénéficier si souvent d’un tel bain de bénédiction ! La messe prend fin et vous allez d’un pas rapide à « Stan », l’établissement scolaire qui ouvre ses portes et qui abrite cantine et ateliers. Quand vous arrivez à Stan, c’est une véritable place du village qui vous accueille, avec son marché: des mouvements, des communautés, des associations qui ont chacun un stand pour se présenter. Il y a aussi une buvette où vous pouvez vous restaurer.

Vous animez deux ateliers cet après-midi. Une jeune femme vous accueille salle 506, elle vous présentera, Marc et vous, ainsi que la communauté. Puis vous aurez 45 minutes pour parler de la guérison et échanger avec les personnes présentes. La salle 506 est une salle de classe avec une trentaine de places. Il doit bien y avoir 50 ou 60 personnes, debout, assises par terre… Les gens sont intéressés. Vous essayez de partager au mieux votre expérience, de leur dire qu’il ne faut pas avoir peur de se lancer, qu’il ne faut pas attendre d’être « pro » pour le faire car c’est en forgeant qu’on devient forgeron, et que c’est en priant pour la guérison qu’on voit des guérisons. Et puis, hop, ça y est, vous sortez, la salle 506 abrite un autre atelier animé par quelqu’un d’autre. Vous assistez alors à un atelier sur la prophétie. Le voilà votre cadeau du Congrès. On vous propose un court (mais puissant) exercice de prophétie à partir d’un psaume. Une femme que vous ne connaissez pas prie pour vous et vous pour elle à partir du psaume 22. L’Esprit Saint attire votre attention sur un mot, vous lui demandez ce qu’Il veut dire à cette personne avec ce mot, et vous le partagez à cette femme. Ça la touche. Comme vous l’êtes, vous aussi, par ce qu’elle vous a dit. Puis, vient l’heure du deuxième atelier puis celle du dîner, enfin celle de l’assemblée de prière pour la guérison à Notre-Dame des Champs. Sans surprise pour vous, mais pas sans émerveillement, il y a des guérisons !

Le dimanche, après les ateliers ou les conférences à la carte, le Congrès se termine par une messe à Saint Sulpice. Cette fois-ci vous êtes arrivée tôt, et vous êtes au 3ème rang ! La louange de l’assemblée s’élève, une vraie joie d’être venue partager, donner, et recevoir pour repartir évangéliser en paroisse. Action de grâce de l’église pleine comme un œuf, pour les grâces données et reçues… L’année prochaine, Congrès Mission aura lieu à Paris, et l’année suivante, il essaimera en Province. Vous n’aurez pas d’excuse pour ne pas y aller. Il vous reste encore 146 ateliers à découvrir ! 

Cet article fait partie du numéro 62 de la revue FOI

Irénée de Lyon, artisan de paix et d’unité

septembre-octobre-novembre 2019

Formation Chretienne  

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