Astère Simbaré

Monastère de Bouvines, ccn

Prendre soin de la fraternité

Partager la vie communautaire

Lorsque le deuxième confinement a été décidé par le gouvernement français, une certaine désolation s’est installée dans mon cœur, car je voyais notre maison d’accueil, si souvent appréciée par des personnes de différents horizons, qui aiment y séjourner ou vivre une retraite, à nouveau « vide » pendant tout le temps que durerait ce nouveau confinement. Je m’interrogeais aussi par rapport à mon appel, je demandais au Seigneur s’il m’appelait à vivre une vie monastique ou une vie apostolique.

Au moment où je m’apprêtais à raccompagner à la gare un dernier groupe de retraitants, j’ai reçu un appel d’une sœur de la communauté, responsable du groupe des « Jeunes professionnels », me demandant si notre maison serait d’accord pour accueillir un groupe de jeunes professionnels pendant tout le temps du confinement ! J’ai accueilli cette demande comme une réponse du Seigneur à ma prière et j’ai tout de suite répondu : « Oui ». Huit jeunes professionnels sont donc venus se confiner à Bouvines pendant six semaines ; tout en continuant, chacun et chacune, son travail à distance, ils ont partagé la vie communautaire avec nous.

Pour moi, la vie communautaire est un « trésor dans des vases d’argile » (2 Corinthiens 4,7). Je suis appelé à en prendre soin et le partage de cette vie est en quelque sorte une manière d’en prendre soin. Alors que notre fraternité de vie ne compte, cette année, que quatre personnes, le nombre a triplé pendant le temps du deuxième confinement.

Pour permettre aux jeunes de participer le plus possible à nos rencontres, nous avons réaménagé nos horaires : l’office des laudes, qui se tenait habituellement à 8h30, fut avancé d’une demi-heure, ainsi les jeunes qui le désiraient pouvaient y participer avant de commencer le travail ; nous avons choisi de célébrer un office des vêpres le jeudi soir pour prier pour l’unité des chrétiens, alors qu’auparavant nous n’avions pas d’office des vêpres.

Au milieu de la journée et à la fin de la journée nous avons maintenu nos temps d’adoration du Saint Sacrement : pour les jeunes, c’était une belle occasion de se reposer dans le Seigneur. Le mardi soir, alors qu’au premier confinement nous suivions le groupe de prière sur internet, nous avions notre propre groupe de prière.

Nous partagions tous les repas de midi avec les jeunes, ainsi que le temps de « désert » du mardi. Le dimanche midi était réservé à un repas particulier : un jour, c’était un repas africain, un autre jour, un repas antillais, un autre jour un repas ch’ti, … Le café du dimanche nous donnait l’occasion de partager ce que nous vivions, « ici et maintenant ». La vie communautaire, ce sont aussi les travaux d’entretien de la maison et les jeunes donnaient un coup de main le samedi après-midi ; mais aussi les temps de détente, le vendredi et samedi soir, que nous partagions. A la fin du séjour, nous avons fait la fête, bien sûr, puisqu’il s’agit d’un de nos points d’engagement communautaire et nous avons partagé les fruits de cette expérience. En écoutant parler les uns et les autres, j’ai pensé à la citation du prophète Jérémie, dans la Bible : « Jeunes et vieux se réjouiront ensemble » (Jérémie 31,13).  

Cet article fait partie du numéro 67 de la revue FOI

La fraternité

décembre 2020-janvier-février 2021

Vie de la Communauté  

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