Malou Hameidat

mariée, ccn, Montagnieu

Fondation en Côte d'Ivoire

Renouveau charismatique et vie communautaire

Il suffit d'un OUI pour que le Seigneur accomplisse des merveilles : c'est ainsi que la Communauté du Chemin Neuf a vu le jour en Côte d'Ivoire.

Dans les années 80, le Renouveau Charismatique était très actif en Côte d’Ivoire, notamment à Abidjan, où les groupes de prière se multipliaient. Certains leaders ont alors ressenti le besoin d’une formation spirituelle pour mieux encadrer les participants. Sur recommandation de Sœur Agathe La Flèche, une religieuse des Filles de Ste Marie, le Père Laurent Fabre, Fondateur de la Communauté du Chemin Neuf, a été invité à prêcher deux retraites à Abidjan. Il est arrivé en août 1986, accompagné de François Xavier Getti, alors séminariste. Agathe La Flèche avait fait la connaissance du Père Laurent Fabre lors d’un séjour en France.

A la suite de ces retraites, François Zongo et Victor Adangba, qui avaient un appel au sacerdoce, sont partis respectivement au Congo et aux Pothières. Eugène et Malou Hameidat ont également choisi de passer une année de formation biblique, spirituelle et de discernement aux Pothières. Pendant cette année, leur petite fraternité du Renouveau Charismatique, restée sur place, les soutenait par leur prière.

En juillet 1987, à la fin de cette année de formation, Victor Adangba a rejoint la compagnie des Jésuites, tandis que François Zongo a poursuivi sa formation au Congo pour devenir prêtre de l’Institut de la Communauté du Chemin Neuf. Plus tard, sa vocation l’a conduit à s’occuper des enfants de la rue à Abidjan. Quant à Eugène et Malou Hameidat, ils sont retournés en Côte d’Ivoire avec la volonté de vivre une vie communautaire au sein du Chemin Neuf. Leur cheminement a suscité l’intérêt de plusieurs frères et sœurs déjà en quête d’une expérience spirituelle plus profonde, d’où la naissance d’une fraternité pour discerner l’appel à la vie communautaire et ce groupe s’est développé au fil du temps. Certains de ses membres ont ressenti le besoin de se former davantage, en se rendant en France ou au Congo. La Communauté en France a soutenu le démarrage de ce petit groupe par le biais de visites régulières.

Les événements ont évolué en 1989, lorsque le Bureau Diocésain du Renouveau Charismatique a sollicité la Communauté pour animer un cycle de formation de trois semaines au grand séminaire d’Anyama. Plusieurs participants à cette formation ont été touchés par les temps de partage très enrichissants et le travail que faisait la Communauté.

L’histoire a pris un nouveau tournant avec les sessions Cana. Un prêtre du diocèse de Bouaké, ayant lui-même vécu une session Cana, en a parlé à son évêque, qui a décidé d’en organiser une dans son diocèse. Le Père Laurent Fabre en a parlé au Cardinal Yago, qui a également demandé une session pour le diocèse d’Abidjan. Ainsi, en 1989, deux sessions Cana ont été organisées, l’une à Bouaké, et l’autre à Abidjan (Bingerville). Une retraite d’Exercices Spirituels a également été prêchée à Bouaké. Par la suite, de nombreux couples se sont engagés dans les fraternités Cana et ont contribué au lancement de Cana dans d’autres pays tels que la Guinée, le Burkina Faso et le Tchad. Les sessions Cana Espérance et Fraternité Cana Espérance ont également été lancées avec succès.

La moisson a été abondante, et une quinzaine de personnes ont senti un appel à la vie communautaire lors du deuxième passage du Père Laurent. Il était nécessaire de les encadrer, et c’est Hasso Beyer qui est venu prendre en charge ce début de cheminement, alors qu’Henri Rakotoarisoa, qui accompagnait Laurent, poursuivait encore ses études. Henri est revenu en 1990 à l’occasion de la deuxième session Cana, précédée de la première retraite Cana à Jacqueville. Par la suite, Henri a servi à la Paroisse Saint Michel d’Adjamè et a été ordonné diacre en 1991 à la Cathédrale Saint Paul d’Abidjan. C’était aussi la date du premier Jéricho en Côte d’Ivoire.

Frères et soeurs de la Communauté à Abidjan, 1992

En 1992, grâce à l’intervention d’Aline Gbettie auprès du Père Bogard, curé de la Paroisse Saint Michel d’Adjamé, le Cardinal Bernard Yago, Archevêque d’Abidjan, a attribué à la Communauté le foyer des jeunes travailleuses comme lieu d’implantation et lui a confié la gestion du CAM (Centre d’Accueil Missionnaire). Cependant, cette charge s’est avérée assez lourde pour la Communauté, ce qui a conduit à sa démission deux ou trois ans plus tard. La fraternité de vie peut alors commencer au Foyer avec Eliane Bossoh, Emma Hameidat, Brigitte Yayi, et d’autres. Auparavant, les rencontres alternaient entre le bureau d’Henri et le domicile des Hameidat. En janvier 1997, une deuxième fraternité de vie a été créée à Bouaké avec les familles de Thérèse Ehouzou et de Julie et Martin Souli. Les Yessoh étaient engagés dans une fraternité de quartier, et Frans Van Beers était responsable de la Communauté de Bouaké.

Ces années ont été marquées par des fruits abondants : en 1993, le premier groupe de prière a été lancé à Cocody. En 1994, le premier engagement d’un couple ivoirien, et démarrage de la fraternité serviteurs. En 1995, premier engagement au célibat et premier engagement à vie. En 1998, les engagements dans la communion et en l’an 2000, le premier cycle A a été organisé à Tibériade…

Cependant, la Communauté ivoirienne n’a pas été exempte d’épreuves. La première a été le départ vers le Seigneur de notre frère Sylvain Logon en 1995, autour duquel la Communauté a vécu une belle fraternité. Cependant, son épouse a quitté la Communauté peu de temps après.

Une question s’est posée sur le statut de la Communauté en Côte d’Ivoire, rester sous l’égide du Chemin Neuf en France ou devenir une Communauté africaine indépendante, se détachant du parrainage des membres de la Communauté d’origine. Au fil du temps, certains frères ont quitté le groupe pour créer leur propre Communauté, tandis que d’autres se sont engagés en paroisse.

Des tensions ont également émergé entre le Renouveau Charismatique et la Communauté en raison de la double casquette que portait Eugène Hameidat. Il était à la fois berger national du Renouveau Charismatique et membre engagé dans la Communauté.

Finalement, Eugène a quitté la coordination du Renouveau.
Au fur et à mesure que grandissait la Communauté, le Renouveau Charismatique grandissait également et cherchait à définir son propre espace, d’où la nécessité de clarifier et de séparer la mission communautaire de celle du Renouveau. Avant l’arrivée de la Communauté, le Renouveau Charismatique organisait des sessions pour couples. Cependant, avec la croissance des sessions Cana, le Renouveau craignait que la Communauté ne lui enlève ce qui avait été mis en place pour les couples avant son arrivée en Côte d’Ivoire, en particulier en développant les sessions Cana. Au cours de ces années, nous avons expérimenté la fidélité de Dieu et la présence de la croix dans l’histoire communautaire : croix de l’unité dans l’Eglise, croix de l’unité des peuples.

Pour finir, nous adressons une grande action de grâce au Seigneur : la Communauté en Côte d’Ivoire a démarré avec un couple engagé, et aujourd’hui, elle compte 180 frères et sœurs de la communion et 185 communautaires. M. H.

Cet article fait partie du numéro 78 de la revue FOI

LE CHEMIN NEUF FÊTE SES 50 ANS

septembre-octobre-novembre 2023

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