Mary Healy

Professeure d'Ecritures Saintes au Grand Séminaire de Détroit (USA), Membre de la Commission doctrinale du Renouveau Charismatique Catholique à Rome, Membre de la Commision biblique pontificale depuis 2014.

Bible

Rester dans l’intimité avec Jésus

Dans le cadre de la semaine « Paroisses », organisée cet été par la Communauté du Chemin Neuf (voir article p. 29), la théologienne et exégète Mary Heally est intervenue, insistant sur l’importance du combat à mener pour rester dans l’intimité avec le Christ. En ce début d’année scolaire, au milieu de nos activités et missions, nous pouvons nous encourager les uns les autres à mener ce combat essentiel.

Ce que nous disent de nombreux textes dans les Ecritures, c’est que, pour ceux qui désirent servir le Seigneur, il y a un combat qu’il est important pour nous de gagner.

Parfois, nous pensons que le plus grand combat, c’est celui avec Satan, l’ennemi. Ou, parfois, nous pensons au combat que nous menons contre les personnes qui nous résistent. Ou alors les combats avec ce qui n’est pas à la hauteur en nous, avec nos peurs, nos incapacités. Non, le combat que l’ennemi redoute le plus que nous gagnions, c’est le combat pour être dans l’intimité avec le Seigneur.

Car, si nous avons avec le Seigneur une relation profonde et intime, si nous L’avons rencontré dans sa beauté et sa sainteté, d’une manière qui a capturé notre cœur, dans ce cas-là nous avons tout. Nous avons la présence du Seigneur dans nos vies. Nous avons l’Esprit Saint et ses dons. Alors, nous pouvons marcher dans la victoire et ne pas craindre les tactiques de l’ennemi. C’est ce combat que nous avons besoin de gagner, ce combat pour rester dans l’intimité avec le Christ.

Avant toutes choses, il faut cultiver la présence du Seigneur. Il y a un moine qui habitait à Paris au XVIIème siècle et qui écrivait sur l’Histoire de l’Eglise. Il s’appelait le Frère Laurent. A chaque instant de sa vie, il cultivait la présence du Seigneur. Orienter son cœur et son intelligence vers le Seigneur était sa priorité. Le Seigneur est toujours présent à nous, n’est-ce pas ? Il ne s’arrête jamais de penser à nous. Mais, c’est nous qui ne sommes pas présents à lui, la plupart du temps.

Est-ce qu’il vous est déjà arrivé d’être dans un profond temps de louange, le cœur pris par le Seigneur, et puis vous regardez votre montre et vous vous dites : « A quelle est heure est le déjeuner ? ». Tout à-coup, vous n’êtes plus dans la présence du Seigneur.

La passion de Fr. Laurent était de revenir continuellement dans la présence du Seigneur. Cela eut pour résultat que la présence de Dieu irradiait à travers lui. Des personnes venaient de très loin pour seulement le regarder éplucher des pommes de terre parce qu’ils sentaient la présence de Dieu à travers de lui. Je vous recommande la lecture de son livre, L’expérience de la présence de Dieu (1).

On trouve un autre exemple dans le livre de la Genèse, au chapitre 18. Abraham est assis juste à l’entrée de sa tente. Il fait chaud. Et, tout-à-coup, il voit trois hommes debout devant lui. Le cœur d’Abraham devait être attentif au Seigneur, parce qu’il a tout de suite reconnu qu’il s’agissait non pas de trois hommes, mais du Seigneur. Et sa réaction a été immédiate. Il est allé à la rencontre du Seigneur et lui a dit : « Quel honneur tu me fais de me rendre visite ! Laisse-moi te laver les pieds ! Que je puisse te préparer un repas et, ensuite, tu continueras ton chemin ».

Il s’est donné généreusement pour honorer le Seigneur qui lui a rendu visite. Combien de fois le Seigneur nous rend t-il visite avec sa présence paisible  ? Et, parfois, nous sommes occupés, au milieu d’une activité, et donc, nous ignorons le Seigneur. Comme il est facile de rater une visitation du Seigneur ! Lorsque deux disciples marchaient sur la route d’Emmaüs, après la Résurrection, Jésus est venu marcher à côté d’eux. Ils ont eu une belle conversation sur les Ecritures. C’était la meilleure étude biblique de toute l’histoire  ! Et après, lorsqu’ils sont arrivés vers chez eux, Jésus a fait semblant de continuer son chemin. Il a attendu d’être invité. Ils lui ont dit : « Oh, s’il te plaît, reste avec nous  ! Viens manger avec nous ! ». Que se serait-il passé s’ils ne l’avaient pas invité  ? Ils auraient raté le moment le plus incroyable de leur vie.

« Nous devons faire en sorte que nos cœurs soient attentifs aux moments où le Seigneur veut essayer de nous parler ».

Nous devons faire en sorte que nos cœurs soient attentifs aux moments où le Seigneur veut essayer de nous parler. Quand Jésus a choisi ses douze apôtres, dans l’évangile de Marc, au chapitre 3, il est écrit qu’il a choisi les Douze «  pour être avec lui  ». Et ensuite pour être envoyés pour prêcher, chasser les démons. Alors, quelle est leur première responsabilité, en tant qu’apôtres ? Etre avec Jésus, passer du temps en sa présence. Pas seulement les trois années avant sa résurrection, mais tous les jours de leur vie, à travers la prière, la lecture des Ecritures, et à travers la liturgie.

Dans les Actes des Apôtres, il se passe aussi quelque chose d’intéressant. Pierre voit un homme déformé depuis sa naissance, allongé par terre, à la porte du Temple, depuis 40 ans. Et Pierre lui dit  : «  Au nom de Jésus, lève-toi et marche  !  ». Il a une foi audacieuse. Alors, il y a une foule qui s’assemble autour de lui et il commence à prêcher la Bonne Nouvelle avec assurance. Et lorsque les chefs religieux voient l’audace de Pierre et de Jean, ils sont étonnés, parce que ce sont des hommes ordinaires et sans éducation. Mais, ils ont l’audace des lions. Les chefs religieux ont reconnu que ces hommes ont passé du temps avec Jésus. Non pas reconnu simplement que c’était des disciples de Jésus, mais à un autre niveau, il y avait quelque chose chez ces hommes qui ne pouvait pas être expliqué de manière humaine. D’où ont-ils reçu cette audace ? De la présence de Jésus. Jésus dit, dans l’évangile de Jean, chapitre 15 : « Je suis la vigne et vous êtes les sarments ». Parfois, nous lisons cet évangile à l’inverse : « Je suis la vigne, tu es le sarment ». Quiconque est doué, bien organisé, porte beaucoup de fruits. C’est notre manière de penser humaine. Mais, Jésus dit  : «  Je suis la vigne et vous êtes les sarments. Qui conque demeure en moi, et moi en lui, portera beaucoup de fruits, car, sans moi, vous ne pouvez rien faire ».

Alors, cultivons la présence de Jésus. Lorsque nous nous rassemblons avec d’autres pour louer, notre objectif n’est pas seulement de passer un bon moment à louer le Seigneur, mais d’entrer dans le saint des saints, laisser notre cœur se faire « capturer » par le Seigneur. Toute la Puissance vient de lui.

[1] Laurent de la Résurrection, L'expérience de la présence de Dieu, Poche, Janvier 1998.

Cet article fait partie du numéro 58 de la revue FOI

Forum Chrétien Mondial « Let mutual love continue ! »

septembre-octobre-novembre 2018

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