Bruno et Anne-Marie Coutellier

mariés, ccn, Lyon

Première session Cana, juillet 1980

« Un pauvre qui aime un autre pauvre »

Une première session sur le thème de la vie conjugale avait rassemblé en 1975 une quarantaine de membres du Renouveau Charismatique à La Baume Sainte Marie dans le sud de la France, dont quelques membres de la toute jeune communauté du Chemin Neuf. Celle- ci, constituée de couples et célibataires dont certains consacrés réfléchissait à la création d’une session qui permette à des couples d’être renouvelés dans leur foi et dans leur amour, dans un contexte où la pérennité des couples est toujours plus éprouvée.
Les Pothières, session Cana, juillet 1980

Alors que nous venons de fêter notre troisième anniversaire de mariage, nous acceptons l’invitation d’une des sœurs de Bruno à participer à une première session pour couples que la Communauté du Chemin Neuf organise du 22 au 27 juillet 1980. Nous arrivons donc aux Pothières dans le Beaujolais, première maison d’accueil de la communauté, à une trentaine de kilomètres au nord de Lyon avec notre premier enfant qui a tout juste six mois, où nous retrouvons une vingtaine de couples accompagnés par quelques couples et célibataires au service.

Depuis quelques mois, nous participions de temps à autre à un groupe de prière sur Paris où nous résidions, interrogés par une expression vivante de la foi et une dynamique charismatique nouvelles pour nous. Dans la perspective de cette session, quelques appréhensions nous habitaient, notamment pour moi (Bruno) d’avoir à communiquer sur ce qui me touche de près et à dépasser mes timidités ; pour moi (Anne Marie) d’avoir à confier notre enfant et de ne pas trop savoir ce qui nous attendait. Elles se sont assez vite dissipées par un accueil simple et chaleureux et des accompagnateurs empressés et enjoués.

Dès notre arrivée, un programme varié et nourri nous est proposé, fait de témoignages, enseignements, temps en couple, temps de partage en petits groupes… le tout harmonieusement ponctué de temps de prière personnelle, en couple et de temps liturgiques. Il ne s’agit pas d’un temps de formation à la vie conjugale même si des enseignements fondamentaux sont donnés, mais bien plus d’un lieu où chacun et chaque couple trouve le temps et l’espace d’entendre la Parole que Dieu souhaite lui adresser et les bénédictions dont il souhaite le combler. Dans cette perspective, la grâce de la vie communautaire joue à plein, pleine de joie et de dynamisme.

40 ans plus tard, nous gardons de cette semaine un souvenir fort et encore actuel, puisqu’elle est à l’origine de caps passés individuellement dans la foi, et en couple dans notre engagement mutuel. Plusieurs temps forts restent gravés dans notre mémoire. A la suite d’un enseignement central sur le mystère de l’Amour (Amour= bonheur + souffrance), le témoignage d’un couple à partir de l’évangile de Cana le deuxième soir, qui donna son nom à cette mission auprès des couples depuis ce jour, nous rejoint dans nos pauvretés et fragilités non avouées. Le partage en petits groupes de couples accompagnés d’un couple ou de 2 célibataires, nous permet de nous retrouver dans les questions soulevées. Des outils simples mais efficaces nous aident dans l’écoute et la communication, comme la lettre que nous sommes invités à écrire à notre conjoint à plusieurs reprises. Des danses d’Israël nous permettent d’évoluer collectivement en intégrant notre couple dans une joyeuse gestuelle collective. L’importance de la joie et de la fête, à travers la vie collective, le vivre ensemble, la vaisselle entre autres… !

Particulièrement la présence active de l’Esprit Saint, cette troisième personne de la Trinité que nous avions quelque peu laissée de côté et que ce contexte charismatique nous permet découvrir. L’essentiel demeure dans ce que nous avons reçu chacun personnellement et pour notre couple.

Bruno : « Principalement, je découvre lors de cette semaine que l’amour que je portais à Anne Marie ne dépendait pas de moi mais qu’il m’ était donné et qu’en conséquence, je ne devais pas avoir peur d’en manquer à l’avenir, comme d’une source qui ne peut tarir. Je pouvais être moi-même pour être aimé, quitter un paraître peut être plus attrayant que la réalité mais différent de moi-même »

Anne-Marie : « Dès le premier jour, un enseignement sur l’Amour de Dieu touche mon cœur et ce que je vais découvrir tout au long de cette semaine ce sera cet Amour, Dieu qui m’aime « telle que je suis », qui ne me demande pas d’être parfaite, qui me dit « laisse-toi aimer »… Une découverte ! qui va également rejoindre notre vie de couple car je réalise combien il m’était difficile de croire que Bruno m’aimait telle que j’étais! Un chemin s’ouvre, « un pauvre qui aime un autre pauvre » témoignera un couple, « le bon vin est pour la fin« … » Nous vivons encore aujourd’hui de cette grâce reçue lors de cette semaine qui fut aussi pour nous le temps du baptême dans le Saint-Esprit ! » Dès le mois de septembre suivant, nous démarrons avec la Communauté du Chemin Neuf un temps de formation cycle B (aujourd’hui appelé Emmaüs) et allons peu à peu, les années suivantes, entendre l’appel à suivre le Christ dans l’engagement même à la vie communautaire.

Les découvertes et prises de conscience vécues lors de cette session Cana ont joué comme des semences tout au long de notre vie à deux, nous aidant à cheminer dans notre vie de couple, de parents et maintenant de grands parents. B. & A-M. C.

Cet article fait partie du numéro 78 de la revue FOI

LE CHEMIN NEUF FÊTE SES 50 ANS

septembre-octobre-novembre 2023

Autre   Vie de l'église   Vie de la Communauté  

Ces articles peuvent aussi vous intéresser…

 

Je verrai toujours vos visages

Réalisé par Jeanne Herry en 2023, le film « Je verrai toujours vos visages » a fait découvrir au grand public l’existence et la pratique de la justice restaurative. S’inspirant de faits réels, le film traduit fidèlement la réalité de ces rencontres entre victimes et auteurs d’a...